Afleveringen

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    Chaque mois, notre journaliste Pierre-Yves Bulteau revient sur les révélations de notre rédaction et sélectionne des contenus qui éclairent les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques. Il répondait cette fois à Clément Samson.

    Focus

    Imerys Glomel : 15 millions de litres d’effluents miniers acides dĂ©versĂ©s dans un ruisseau en fĂ©vrier ;

    Accident du travail dans un exploitation maraĂźchĂšre Ă  La Roche-Maurice : des peines de prison prononcĂ©es aprĂšs la mort d’un ouvrier agricole ;

    Aide alimentaire et violence sociale : l’anthropologue sociale BĂ©nĂ©dicte Bonzi soutient une « mise en sĂ©curitĂ© sociale de l’alimentation ».

    Glané pour vous

    TraĂźnĂ© au tribunal par la CGT pour sa politique de contrĂŽle des bĂ©nĂ©ficiaires du RSA, MaĂ«l de Calan affiche sa confiance Ă  la barre ;InspirĂ© du Puy du Fou et de Luminiscence, un entrepreneur recourt au bĂ©nĂ©volat pour le spectacle Dans le sillage des corsaires proposĂ© cet Ă©tĂ© Ă  Saint-Malo ;L’ex-candidate RN Ă  Saint-Brieuc François Billaud intĂšgre Linked.info, une cartographie interactive de l’extrĂȘme droite et de ses rĂ©seaux ;

    DĂ©couvrez aussi les projets agricoles, industriels et d’urbanisation qui surgissent en Bretagne sur notre site et participez aux enquĂȘtes publiques pour faire entendre votre voix.

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    Focus

    Accident du travail mortel Ă  La Roche-Maurice : deux ans avec sursis requis contre un maraĂźcher ;

    Du brassage de houblon au projet d’un mĂ©dia d’extrĂȘme droite breton : les ambitions sans frontiĂšres d’Erik TegnĂ©r ;

    Dans le TrĂ©gor, plusieurs femmes arnaquĂ©es par les « tisseuses de rĂȘves », des groupes faussement solidaires.

    Glané pour vous

    La start-up Ecotree a la rancƓur tenace ;Le sĂ©nateur du Morbihan Yves Bleunven copie les attaques des Z’Homnivores contre L214 sans les vĂ©rifier ;

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  • Zijn er afleveringen die ontbreken?

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  • InvitĂ©e de la radio nantaise Prun’, Catherine Le Gall est revenue sur l’enquĂȘte menĂ©e avec Robin Bouctot sur la crise qui secoue aujourd’hui la pĂȘche bretonne. Entre industrialisation, quotas contestĂ©s, prĂ©carisation des marins et tensions Ă©cologiques, le secteur apparaĂźt plus fragile que jamais.

    Au cƓur de l’enquĂȘte figure le gigantesque navire Annelies Ilena, qualifiĂ© par Catherine Le Gall de « bateau le plus dĂ©criĂ© au monde ». Long de 145 mĂštres, capable de capturer jusqu’à 400 tonnes de poissons par jour grĂące Ă  un chalut de 600 mĂštres, le navire symbolise une pĂȘche industrielle dĂ©mesurĂ©e.

    « Il est tellement gros qu’il ne rentre mĂȘme pas dans le port de Saint-Malo », souligne la journaliste. Ce navire-usine, propriĂ©tĂ© du groupe nĂ©erlandais Parlevliet & van der Plas, incarne un modĂšle Ă©conomique « hors sol », dĂ©connectĂ© des territoires et des rĂ©alitĂ©s de la pĂȘche artisanale bretonne. Son jumeau, l’Annie Hillina vient d’ĂȘtre inaugurĂ© Ă  Ijmuiden, prĂšs d’Amsterdam.

    La crise du maquereau fragilise les petits pĂȘcheurs

    L’entretien revient sur la crise du maquereau, espĂšce touchĂ©e Ă  la fois par la surpĂȘche et par les effets du rĂ©chauffement climatique. La baisse des quotas met en difficultĂ© les petits pĂȘcheurs artisans, dont l’activitĂ© dĂ©pend souvent de cette ressource.

    Selon Catherine Le Gall, le systÚme favorise structurellement les grands armements. Les quotas sont attribués selon les « antériorités » historiques : les plus gros navires disposent donc mécaniquement des parts les plus importantes. Une logique qui accentue les inégalités au sein de la profession.

    Contrairement aux grandes entreprises de pĂȘche, les artisans ne peuvent pas facilement modifier leur activitĂ©, changer de matĂ©riel ou diversifier leurs captures. « Cela remet totalement en question leur viabilitĂ© Ă©conomique », explique la journaliste.

    Une représentation jugée inégalitaire

    L’enquĂȘte met Ă©galement en cause le fonctionnement des instances reprĂ©sentatives du secteur. Historiquement, les pĂȘcheurs disposaient de relais locaux leur permettant de faire remonter leurs revendications. Mais avec la centralisation progressive des structures dĂ©cisionnelles, les petits pĂȘcheurs peinent aujourd’hui Ă  se faire entendre.

    OccupĂ©s en mer et disposant de moyens financiers limitĂ©s, les artisans sont moins prĂ©sents dans les comitĂ©s dĂ©partementaux, nationaux ou europĂ©ens. À l’inverse, les grands armateurs, parfois soutenus par des capitaux Ă©trangers, disposent des ressources nĂ©cessaires pour dĂ©fendre leurs intĂ©rĂȘts auprĂšs des ministĂšres ou Ă  Bruxelles.

    Pour Catherine Le Gall, cette fracture de reprĂ©sentation nourrit un profond sentiment d’injustice au sein de la profession.

    Autre volet sensible de l’enquĂȘte : le recours croissant Ă  des travailleurs Ă©trangers, notamment indonĂ©siens, sur les bateaux bretons. Les journalistes dĂ©crivent un systĂšme qui rappelle celui du secteur agricole, oĂč une main-d’Ɠuvre Ă©trangĂšre moins coĂ»teuse permet de maintenir Ă©conomiquement des modĂšles fragilisĂ©s.

    Des dispositifs de recrutement sont désormais organisés pour anticiper les besoins des armateurs. Le recours au « naming » soulÚve des questions sur les conditions de travail et les droits sociaux de ces marins souvent précaires.

    Une profession sous tension

    Catherine Le Gall insiste sur la complexitĂ© du sujet et refuse toute opposition simpliste entre pĂȘche industrielle et pĂȘche artisanale. Elle dĂ©crit un secteur profondĂ©ment divisĂ©.

    « Les pĂȘcheurs sont en friction les uns avec les autres », observe-t-elle, Ă©voquant des tensions entre types d’engins, zones de pĂȘche ou tailles de navires. À ses yeux, ces divisions traduisent surtout l’épuisement d’un modĂšle fragilisĂ© par les crises Ă©conomiques et environnementales.

    Si plusieurs pistes sont Ă©voquĂ©es telles que le dĂ©veloppement des « engins dormants », l’enquĂȘtrice reconnaĂźt qu’aucune solution structurelle ne semble encore Ă©merger. Pour Catherine Le Gall, le principal dĂ©fi sera dĂ©sormais de construire un Ă©quilibre durable entre les diffĂ©rentes formes de pĂȘche avant que la crise Ă©cologique et sociale ne devienne irrĂ©versible.

    🎧 Animation : Jade, Thelma et Marianne ; rĂ©alisation : Joachim pour Prun’.

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    Focus

    Nicolas Legendre adapte son enquĂȘte sur l’agroindustrie pour le petit Ă©cran ;Au parc naturel marin d’Iroise : la dĂ©mocratie environnementale est aussi fragile que la biodiversitĂ© ;

    Glané pour vous

    AprĂšs nos rĂ©vĂ©lations sur Imerys Glomel, le parquet ouvre une enquĂȘte et les rĂ©actions pleuvent ;Projet de loi d’urgence agricole : la dĂ©mocratie environnementale va trinquer ;Rapport Alloncle sur l’audiovisuel public : l’information scientifique sur le banc des accusĂ©s ;PrĂšs de Nantes, des concentrations suspectes de Chrome VI dĂ©tectĂ©es dans l’air.

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  • La parole des victimes, d’habitant·es, de militant·es est parfois peu valorisĂ©e ou alors utilisĂ©e pour illustrer la parole d’un·e expert·e. Pourtant, toutes ces personnes sont centrales et devraient pouvoir prendre toute leur place. Pas de tĂ©moin, pas de source, pas d’enquĂȘte.

    Pour aborder cette question, Longueur d’ondes, le festival brestois de la radio de l’écoute, a organisĂ© une rencontre dans la MĂ©ridienne du Quartz, le 1er fĂ©vrier 2025, intitulĂ©e « Mettre les tĂ©moins au cƓur de l’investigation ».

    Élodie Nace, dĂ©lĂ©guĂ©e gĂ©nĂ©rale de la Maison des lanceurs d’alerte, a donnĂ© la parole Ă  Isabelle Ellis, lanceuse d’alerte concernant les implants contraceptifs Essure, Samy ArchimĂšde, auteur de notre enquĂȘte sur la pollution industrielle Ă  Saint-Nazaire, et StĂ©phanie Gallet, journaliste Ă  RCF, autrrice du podcast Silence on crie.

    « Splann ! » a reçu le premier Prix L’Alerte Ă  la une Ă  la fin de cette table ronde.

    🎧 Ce podcast a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par les membres d’Oufipo pour Longueur d’ondes.

    đŸ“· Les photos sont de SĂ©bastien Durand.

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  • [👉 Consultez nos derniĂšres rĂ©vĂ©lations sur Imerys Glomel]

    C’est une vidĂ©o choc tournĂ©e dans un lieu gardĂ© Ă  l’abri des regards. On y voit diffĂ©rents liquides s’écouler Ă  mĂȘme le sol dans un hangar sombre oĂč serpentent de gros tuyaux. TournĂ©e en 2021, elle a Ă©tĂ© transmise par un ancien ouvrier de la mine Imerys de Glomel, situĂ©e dans le sud des CĂŽtes-d’Armor.

    Celia Izoard connaĂźt mieux que quiconque les dessous de cette industrie. Autrice de « La ruĂ©e miniĂšre au XXIe siĂšcle »(Seuil, 2024), elle est revenue en Bretagne pour enquĂȘter sur cette nouvelle affaire.

    Ce 31 mars 2026, c’est chez « Splann ! » que la journaliste et philosophe des sciences publie ses rĂ©vĂ©lations sous le titre « Mine bretonne d’Imerys : plus de 3 000 litres de produits chimiques dĂ©versĂ©s en amont d’une rĂ©serve naturelle ».

    Il s’agit du sixiĂšme volet de notre dossier les consĂ©quences environnementales, sanitaires et dĂ©mocratiques de l’extractivisme dans notre rĂ©gion.

    En 2024 déjà, nous avions fait analyser des échantillons de sédiments du Kergroaz, un ruisseau qui coule non loin de la mine de Glomel. Les résultats traduisaient une contamination aux métaux lourds soixante fois supérieure à la valeur guide pour un bon état écologique en eau douce.

    Il y a-t-il un lien entre ceux deux affaires ? Celia Izoard a répondu aux questions de Julia Vastel, dans le RDV Médias de SUN, le 2 avril.

    🎧 PrĂ©sentation : Julia Vastel, SUN, Le Son unique Ă  Nantes

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  • Deux fois moins peuplĂ©e qu’au dĂ©but du siĂšcle dernier, mais chaque annĂ©e davantage grignotĂ©e par les constructions : telle est la trajectoire de l’üle de Groix. JĂ©rĂ©mie Szpirglas, co-auteur de notre enquĂȘte intitulĂ©e « Littoral breton : la tentation du bĂ©ton », Ă©tait l’invitĂ© de Radio Balises, le 31 janvier 2026, pour discuter des limites de cette urbanisation.

    Longue de 8 km, de la pointe de Pen-Men à l’ouest jusqu’à celle des Chats à l’est, l’üle de Groix (56) abrite un peu plus de 2 310 habitants, à seulement trois milles nautiques du continent.

    Une population multipliĂ©e par dix l’étĂ©, quand les rĂ©sidences secondaires se remplissent. Plusieurs rangĂ©es de nĂ©o-bretonnes, ces maisons pavillonnaires construites Ă  partir des annĂ©es 1960, relient le bourg Ă  Port MĂ©lite.

    Au micro de Radio Balises, JĂ©rĂ©mie Szpirglas rappelle que l’objectif principal de la loi littoral est de « prĂ©server les paysages remarquables que sont les paysages littoraux ». Mais tout est une affaire de nuances et d’exceptions.

    Ainsi, mĂȘme dans la bande des 100 m, il est possible de construire, Ă  condition que la zone soit dĂ©jĂ  urbanisĂ©e ou que des activitĂ©s liĂ©es Ă  la mer soient en lien direct avec celle-ci. « L’idĂ©e n’est pas d’interdire l’urbanisation, mais de limiter le mitage », souligne notre journaliste.

    Difficulté supplémentaire : le trait de cÎte recule. « Des terres qui ne sont pas dans la bande des 100 m peuvent y entrer assez rapidement. »

    « Le problĂšme, c’est que la loi littoral ne dĂ©finit pas suffisamment les termes. Et quand elle les dĂ©finit, elle le fait trop prĂ©cisĂ©ment, ce qui laisse beaucoup de situations de cĂŽtĂ© », ajoute JĂ©rĂ©mie Szpirglas. Ce sont donc les juges qui dĂ©cident ce qui est un hameau ou un village.

    L’enquĂȘte publiĂ©e par « Splann ! » dĂ©but 2025 bat en brĂšche une idĂ©e reçue : il n’y a pas de corrĂ©lation entre bĂ©tonisation et dynamisme local. Sur un peu plus de 300 communes littorales, de l’Ille-et-Vilaine Ă  la Loire-Atlantique, une soixantaine a perdu des habitants, fermĂ© des classes tout en construisant beaucoup.

    Pour autant, est-il possible ou souhaitable d’arrĂȘter toute construction ?

    🎧 Animation : Agathe, Jeanne, Claire ; technique : VĂ©ro, pour Radio Balises.

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    Focus

    [Les enseignements des municipales en Bretagne sous la loupe de « Splann ! »](https://splann.org/muncipales-bretagne-enseignements/) ;[En marge du spectacle Luminiscence Rennes, des chanteurs en plein conflit de valeurs](https://splann.org/luminiscence-rennes-chanteurs/) ;

    Glané pour vous

    « Rural », nouveau média indépendant, part en campagne ;PFAS, de l'usine à l'assiette avec « Disclose » ;Critique littéraire : « Aqua », de Gaspard Koenig.

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    Focus

    À TrĂ©veneuc, sur la cĂŽte de GoĂ«lo, une catastrophe naturelle met en lumiĂšre les excĂšs d’une urbanisation Ă  marche forcĂ©e ;Le projet de nouvel hĂŽpital de Saint-Malo remis en question par un important dĂ©ficit et 12 millions d’euros de dettes.

    Glané pour vous

    L’Observatoire des atteintes Ă  la libertĂ© de la presse publie son premier rapport ;Eau et riviĂšres de Bretagne, association Ă  abattre pour le Rassemblement national ;Agri-voltaĂŻsme : une cartographie qui laisse songeur ;« Splann ! » s’associe Ă  « Bon Pote » autour de son projet Villes Futures ;Pouvoir emprunter les sentiers cĂŽtiers, un droit Ă  dĂ©fendre en FinistĂšre.

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  • [👉 Lire notre enquĂȘte LycĂ©es agricoles bretons : le privĂ© creuse son sillon]

    En Bretagne, l’enseignement privĂ© catholique scolarise plus d’un lycĂ©en sur deux dans les filiĂšres de production agricole. Des Ă©tablissements qui valorisent un modĂšle intensif dĂ©pendant de grandes firmes, a expliquĂ© Faustine Sternberg au micro de Julia Vastel, dans Le Rendez-vous mĂ©dia, jeudi 22 janvier 2026, sur la radio nantaise SUN.

    MalgrĂ© une opacitĂ© bien entretenue, « Splann ! » a pu identifier de nombreux reprĂ©sentants de la FNSEA, du secteur bancaire ou de grandes entreprises agroalimentaires Ă  la tĂȘte des conseils d’administration des lycĂ©es agricoles privĂ©s. Des acteurs qui inscrivent ces Ă©tablissements comme des lieux de reproduction du systĂšme agroindustriel breton.

    « L’enseignement d’une agriculture paysanne ou biologique est parfois absent, constate Faustine Sternberg. Une grande majoritĂ© des exploitations adossĂ©es aux lycĂ©es privĂ©s sont en intensif. Certaines travaillent avec la Cooperl ou NutrĂ©a [groupe Eureden, NDLR], de puissantes coopĂ©ratives dimensionnĂ©es comme des multinationales. On peut imaginer qu’avec de tels partenaires, l’esprit critique dans l’enseignement soit limitĂ©. »

    Sous le quinquennat Hollande, le ministĂšre de l’Agriculture a lancĂ© le plan « Enseigner Ă  produire autrement », dont l’objectif Ă©tait de gĂ©nĂ©raliser l’agroĂ©cologie dans l’enseignement agricole. Une orientation politique qui n’a officiellement pas Ă©tĂ© abandonnĂ©e, mais dont les autoritĂ©s elles-mĂȘmes semblent aujourd’hui se dĂ©sintĂ©resser, en dĂ©pit d’études pointant l’insoutenabilitĂ© des pratiques reposant sur les pesticides et les intrants de synthĂšse.

    « Le plan rĂ©gional qui aurait dĂ» ĂȘtre mis en place Ă  partir de 2021 est restĂ© Ă  l’état de brouillon », a rĂ©pondu Ă  notre rĂ©daction la direction rĂ©gionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forĂȘt (Draaf) de Bretagne.

    Les lycĂ©es publics, plus soucieux de l’empreinte environnementale de l’agriculture, ne jouent pas Ă  armes Ă©gales sur le plan financier. Leur budget est contraint, quand le privĂ© peut diversifier ses ressources en s’appuyant notamment sur le mĂ©cĂ©nat, voire sur le sponsoring. Un dĂ©sĂ©quilibre structurel renforcĂ© par des financements facultatifs versĂ©s par les collectivitĂ©s, au premier rang desquelles le conseil rĂ©gional de Bretagne.

    RĂ©sultat : les lycĂ©es privĂ©s peuvent, par exemple, proposer davantage de liaisons de bus. Un atout majeur pour sĂ©duire les familles en milieu rural. « MalgrĂ© une dĂ©mographie en baisse, ils attirent davantage d’élĂšves, alors que dans les Ă©tablissements publics, cela tend Ă  diminuer », observe Faustine Sternberg.

    Cette enquĂȘte en quatre volets cosignĂ©e avec ChloĂ© Richard est disponible en accĂšs libre sur splann.org grĂące aux dons de nos lectrices et de nos lecteurs.

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  • [👉 Lire notre enquĂȘte HĂŽpital public : une destruction programmĂ©e, un marchĂ© pour le privĂ©]

    Que s’est-il passĂ© au cours des vingt derniĂšres annĂ©es pour que le service public hospitalier se retrouve en aussi grande difficultĂ© ? Isabelle Jarjaille a tĂąchĂ© d’y rĂ©pondre pour « Splann ! ». Notre journaliste Ă©tait l’invitĂ©e de l’émission Six heures avant minuit, sur la radio rennaise C-Lab, le 13 octobre 2025, pour prĂ©senter l’enquĂȘte qu’elle cosigne avec Caroline Trouillet.

    « Ce qui se passe aujourd’hui est le rĂ©sultat de choix politiques, qui sont guidĂ©s par une volontĂ© de rationaliser Ă©conomiquement l’hĂŽpital, expose Isabelle Jarjaille. Ces choix aboutissent Ă  une situation oĂč non seulement on manque de mĂ©decins, mais aussi de lits. Certains bĂątiments sont trĂšs vĂ©tustes. »

    L’exemple des maternitĂ©s est particuliĂšrement parlant. « Au lieu de donner de l’argent Ă  l’hĂŽpital comme on le fait pour l’éducation avec une enveloppe globale, on lui donne de l’argent en fonction de ses activitĂ©s. On tarife tous les actes (comme la pĂ©ridurale). Or, ceux de gynĂ©cologie-obstĂ©trique sont sous-financĂ©s et il faut donc faire Ă©normĂ©ment d’activitĂ© pour gagner de l’argent ou, au moins, ne pas en perdre. »

    La T2A, imposée par le gouvernement à partir de 2003, a mis les hÎpitaux en concurrence avec les cliniques privées.

    D’autres dĂ©cisions ont entraĂźnĂ© un recul de l’égal accĂšs aux soins. Ainsi, en Ille-et-Vilaine, le service de soins de rĂ©adaptation du centre hospitalier de BrocĂ©liande (Saint-MĂ©en-le-Grand et Montfort-sur-Meu) a fermĂ©, malgrĂ© la promesse de maintien faite en 2022 par l’Agence rĂ©gionale de santĂ©. Dans le mĂȘme temps, le groupe Vivalto, qui possĂšde les cliniques de Saint-GrĂ©goire et de Cesson-SĂ©vignĂ©, a reçu l’autorisation d’ouvrir son propre service.

    « Le privé risque de faire des choix parmi les patients, en recueillant ceux qui sont les plus rentables et en refusant ceux dont les pathologies sont plus lourdes mais mal rémunérées par la T2A. »

    Ce mode de financement entraĂźne un cercle vicieux pour des hĂŽpitaux bloquĂ©s dans leur capacitĂ© d’investissement. Au point que certains bĂątiments ne rĂ©pondent plus aux normes de sĂ©curitĂ© incendie, Ă  Rennes ou Ă  Redon. Des soignants mettent des draps aux fenĂȘtres l’hiver pour Ă©viter que le froid n’entre dans les chambres.

    « Tous ces hĂŽpitaux sont en dĂ©ficit, pointe Isabelle Jarjaille. On leur demande de faire plus d’activitĂ© pour avoir plus d’argent, afin de pouvoir investir. J’ai pu prendre connaissance d’un document confidentiel interne Ă  l’hĂŽpital de VitrĂ©. On y apprend que les soignants ne peuvent pas faire plus d’activitĂ© Ă©tant donnĂ© que les bĂątiments sont dĂ©tĂ©riorĂ©s. Des services fonctionnent a minima, car certaines salles ne sont pas opĂ©rationnelles, il manque du matĂ©riel, etc. »

    « On est face Ă  un problĂšme trĂšs concret : des bĂątiments se dĂ©tĂ©riorent jusqu’au jour oĂč ils ne seront plus du tout capables d’accueillir du public. C’est un refus d’investir dans la santĂ© », constate Isabelle Jarjaille.

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    Le RĂ©cap’ de « Splann ! », c’est notre rendez-vous mensuel pour mieux comprendre ce qui se passe en Bretagne. L’émission est coproduite avec BOA, radio associative trilingue (français, breton, gallo) Ă  vocation rĂ©gionale, diffusĂ©e en DAB+.

    Chaque mois, au micro de Nicolas Milice, Pierre-Yves Bulteau revient sur les révélations de notre rédaction et sélectionne des contenus qui éclairent les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques de notre temps.

    Focus

    À Saint-Brieuc, une chasse aux dĂ©pĂŽts d’ordures Ă  coup de « piĂšges photo » Ă  la lĂ©galitĂ© douteuseSaint-Malo, nouveau carrefour de l’extrĂȘme droiteLes Chantiers de l’Atlantique Ă  Saint-Nazaire, une entreprise florissante qui pollue en toute discrĂ©tion

    Glané pour vous

    À Lannion, la Polyclinique du TrĂ©gor obtient la suspension des opĂ©rations des cancers digestifs Ă  l’hĂŽpital ;Nantes abrite des bureaux des Nuits du bien commun, financĂ©es par BollorĂ© et StĂ©rin ;Le wikipĂ©dien qui faisait disparaĂźtre les rĂ©fĂ©rences au lobbying des multinationales sur l’encyclopĂ©die travaille lui-mĂȘme dans les « affaires publiques ».

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  • Le bĂ©ton gagne du terrain sur nos cĂŽtes. Quels impacts pour le littoral breton et ses habitants ? Un an aprĂšs la publication de leur enquĂȘte, nos journalistes Denis Vannier et JĂ©rĂ©mie Szpirglas ont dĂ©battu des enjeux d’amĂ©nagement et d’habitat avec des Ă©lus et des chercheurs, le 20 janvier 2026, Ă  la fac de lettres de Lorient.

    Sur les cĂŽtes bretonnes, l’artificialisation des sols progresse malgrĂ© la loi littoral votĂ©e en 1986. Selon l’enquĂȘte inĂ©dite de « Splann ! », prĂšs de 6 000 hectares de terres agricoles et naturelles ont disparu en dix ans, remplacĂ©s par des constructions, souvent des rĂ©sidences secondaires.

    Ce bĂ©tonnage, loin d’ĂȘtre une solution miracle pour revitaliser les communes, s’accompagne parfois d’une baisse dĂ©mographique et d’une fragilisation des Ă©cosystĂšmes. Les failles juridiques et le manque de contrĂŽle des services de l’État interrogent l’efficacitĂ© rĂ©elle de la loi littoral et la capacitĂ© des collectivitĂ©s Ă  appliquer la zĂ©ro artificialisation nette (ZAN) d’ici 2050.

    À l’heure oĂč le littoral breton subit une double pression – touristique et climatique –, Denis Vannier et JĂ©rĂ©mie Szpirglas, journalistes de « Splann ! », ont pu prĂ©senter les chiffres et cartes de leur enquĂȘte.

    Ronan Le Delezir, adjoint au maire de Crac’h, prĂ©sident du Parc naturel rĂ©gional du Golfe du Morbihan et enseignant-chercheur Ă  l’UBS, Arnaud Le Montagner, directeur des Ă©tudes urbaines et de l’amĂ©nagement AudĂ©Lor et Jean-Michel Bonhomme, maire de Riantec et vice-prĂ©sident Lorient AgglomĂ©ration ont quant Ă  eux apportĂ© leur regard d’élu et d’experts.

    Les intervenants

    Denis Vannier est journaliste d’investigation pour « Splann ! », mĂ©dia indĂ©pendant breton. SpĂ©cialiste des enquĂȘtes environnementales et sociĂ©tales, il a co-signĂ© l’étude sur l’artificialisation des sols et les dĂ©rives de l’urbanisation sur le littoral breton.

    Jérémie Szpirglas, journaliste pour « Splann ! », explore les impacts des politiques publiques sur les territoires. Ses travaux portent sur la loi Littoral, la zéro artificialisation nette (ZAN) et les enjeux liés à la bétonisation des cÎtes bretonnes.

    Ronan Le Delezir est adjoint au maire de Crac’h, prĂ©sident du Parc naturel rĂ©gional du Golfe du Morbihan et maĂźtre de confĂ©rences en urbanisme Ă  l’UniversitĂ© Bretagne Sud. Il travaille sur les politiques d’amĂ©nagement durable et la prĂ©servation des espaces naturels littoraux.

    Arnaud Le Montagner est directeur des Ă©tudes urbaines et de l’amĂ©nagement chez AudĂ©Lor, agence d’urbanisme, de dĂ©veloppement Ă©conomique et technopole du Pays de Lorient.

    Jean-Michel Bonhomme est maire de Riantec et vice-prĂ©sident Lorient AgglomĂ©ration en charge de la planification, de l’amĂ©nagement territorial, du Scot, de l’urbanisme et du SIG.

    🎧 Nous remercions la facultĂ© de lettres, langues, sciences humaines et sociales de l’UniversitĂ© Bretagne Sud pour l’organisation de cette rencontre et la mise Ă  disposition de cet enregistrement. Celle-ci est Ă©galement disponible en vidĂ©o.

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  • Caroline Trouillet, Marianne Kerfriden et Sylvain Ernault ont rĂ©pondu Ă  vos questions lors d’un chat vidĂ©o sur YouTube, mardi 20 janvier 2026. L’occasion d’expliquer le fonctionnement de notre rĂ©daction, nos projets de dĂ©veloppement et de rĂ©agir aux suggestions d’enquĂȘtes que vous nous avez adressĂ©es.

    « Posez-nous vos questions par mĂ©l ou en direct » : c’est l’invitation que nous avions lancĂ©e Ă  un peu plus de 2 400 donatrices et donateurs ayant participĂ© Ă  notre campagne de fin d’annĂ©e. AprĂšs cette collecte record de 153 000 €, qui financera une partie de nos activitĂ©s en 2026, le rendez-vous Ă©tait donnĂ© ce 20 janvier, Ă  18 h, sur notre chaĂźne YouTube.

    « Avez-vous prĂ©vu des actions pour que vos enquĂȘtes soient relayĂ©es par les mĂ©dias rĂ©gionaux et nationaux ? »

    « Existe-t-il des réseaux pour échanger des informations ou partager des outils entre médias indépendants ? »

    « Lors de vos enquĂȘtes, comment vous aider concrĂštement ? »

    « RĂ©pondez-vous Ă  des invitations d’associations pour des confĂ©rences et, si oui, dans quelles conditions ? »

    Voici quelques questions adressĂ©es par HervĂ©, Pascal ou AgnĂšs, portant sur notre fonctionnement, notre quĂȘte d’impact et l’appui de notre communautĂ© de lectrices et lecteurs.

    De lanceur d’enquĂȘte Ă  lanceur d’alerte

    Annick nous suggĂšre de nous intĂ©resser au sort des travailleurs Ă©trangers qui font tourner les usines agroalimentaires bretonnes, les serres et les poulaillers industriels, dans des conditions souvent trĂšs difficiles, et parfois mĂȘme indignes.

    Jean souhaiterait que nous nous penchions sur la « multiplication des antennes relais tĂ©lĂ©phoniques le long des voies ferrĂ©es », ainsi que sur les « Ă©oliennes qui s’implantent le long des habitations ».

    Un commentateur anonyme se dit « intĂ©ressĂ© de savoir ce qui se fait actuellement dans le public comme dans le privĂ© pour accompagner des personnes ĂągĂ©es dont la langue maternelle est le breton ou le gallo et qui perdent l’usage du français ».

    Nicolas, qui a relevé que « Splann ! » se positionne comme « garanti sans IA générative », soulÚve le problÚme du basculement de certaines collectivités locales vers la production de visuels automatisés, au détriment des graphistes et des illustrateur·ices, dont les activités sont menacées.

    Vos inquiĂ©tudes pour l’environnement

    Sans surprise, les prĂ©occupations Ă©cologiques dominent parmi les sujets abordĂ©s dans vos courriels. Si notre rĂ©daction Ă©largit progressivement ses centres d’intĂ©rĂȘt, notre promesse d’enquĂȘter sur les atteintes Ă  l’environnement et les dessous du systĂšme agro-industriel semble plĂ©biscitĂ©e.

    Ainsi, Thierry et Jean-Yves nous ont interrogĂ©s sur la persistance des marĂ©es vertes. Maat29 nous a demandĂ© des nouvelles du documentaire de Kristen Falc’hon sur ce flĂ©au qui touche durement la rade de Brest. Madeleine cherche, quant Ă  elle, des conseils pour prĂ©server les chemins ruraux de la destruction.

    Les rĂ©centes annonces du Premier ministre, SĂ©bastien Lecornu, concernant un moratoire sur les dĂ©cisions liĂ©es Ă  la politique de l’eau et la prĂ©paration d’une « loi d’urgence agricole » vous inquiĂštent.

    Philippe nous demande « que faire face Ă  la loi d’urgence agricole, qui satisfait toutes les demandes de la seule FNSEA, y compris la remise en selle de la loi Duplomb ? ». Pascal trouverait intĂ©ressant d’avoir notre opinion sur ces actualitĂ©s, « non seulement en termes d’information [
] mais aussi d’argumentation dans les dĂ©bats que nous pouvons avoir dans nos diffĂ©rentes activitĂ©s ».

    À notre tour de vous interroger

    Caroline Trouillet, coordinatrice de la rĂ©daction, Marianne Kerfriden, journaliste de profession et membre du conseil d’administration, ainsi que Sylvain Ernault, journaliste chargĂ© de l’animation de la communautĂ©, ont tĂąchĂ© de rĂ©pondre Ă  toutes ces questions durant 90 minutes.

    En attendant de rééditer cet exercice de transparence, nous aimerions également vous solliciter.

    Seriez-vous partants pour un nouvel Ă©vĂ©nement de l’ampleur de l’anniversaire de nos cinq ans, cĂ©lĂ©brĂ© en juin 2025 au cabaret-concert Run ar Puns, Ă  ChĂąteaulin ?

    Et, par hasard, auriez-vous connaissance d’un bon plan pour dĂ©mĂ©nager nos bureaux dans un espace plus grand, Ă  Guingamp ? Du fait des embauches permises par votre soutien croissant, nos journalistes commencent Ă  sentir Ă  l’étroit ! 😉

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  • PrĂšs de 300 personnes, prises en flagrant-dĂ©lit de « dopage » collectif. Une connexion des corps et des valeurs, pour passer de l’état de colĂšre Ă  celui du rapport de force. VoilĂ  ce qui animĂ© non pas un, mais deux dĂ©bats, le 18 aoĂ»t 2025, sous les halles de Douarnenez.

    Sous une chaleur Ă  liquĂ©fier n’importe quels lobbyistes - mĂȘme les plus acharnĂ©s -, quatre femmes puissantes ont pris la parole. Non pas pour dire « moi, je », mais pour affirmer que « nous vivons un moment de bascule ».

    Celui oĂč un visage est venu percuter la toxicitĂ© de notre monde ; la complicitĂ© de certains politiques avec l’agrobusiness. Un visage dans lequel se sont retrouvĂ©s, en plein cƓur de l’étĂ©, plus de deux millions de Françaises et de Français.

    En réalité, ce visage est multiple.

    Il peut ĂȘtre radical. À l’image d’une Fleur Breteau, du collectif Cancer ColĂšre, qui n’hĂ©site pas Ă  parler de « lutte fĂ©roce » et annonce la couleur, pour la rentrĂ©e : « S’il faut que j’aille montrer ma cicatrice Ă  Annie Genevard, je n’hĂ©siterai pas. Politiser la maladie, c’est certes se retrouver face Ă  un discours politique qui protĂšge l’agro-industrie. C’est surtout remettre de la rĂ©alitĂ©, de l’expĂ©rience et du vivant face aux lobbies. »

    Face Ă  cette « fabrique du doute », il y a aussi le visage du dĂ©senfumage, Celui d’AmĂ©lie Mougey, nouvelle directrice du mĂ©dia Reporterre. Tenante d’un journalisme du fait, chiffrĂ©. Un journalisme qui fait Ă©galement « le lien entre ces vies heurtĂ©es, ces vies brisĂ©es, tous ces morts et les donnĂ©es rigoureuses des scientifiques ».

    Une Ă©quation qu’a vĂ©cu, dans sa chair, Rosy Auffray. Par la perte d’un ĂȘtre cher. AprĂšs une dĂ©cennie de lutte acharnĂ©e, contre l’Etat et une partie du systĂšme judiciaire, Rosy et sa famille incarnent ces visages de la victoire. Cette reconnaissance officielle d’un lien de causalitĂ© entre la mort de son mari, de leur pĂšre, de leur frĂšre et la toxicitĂ© des algues vertes.

    « Des luttes, des doutes et des victoires. » Le thĂšme de ce dĂ©bat, en deux rounds face Ă  l’afflux de citoyennes et de citoyens, que rĂ©sume ainsi, la journaliste InĂšs LĂ©raud : « La victoire de la famille Auffray, comme le visage de Fleur, c’est une mise en action, au service de tous, qui porte ses fruits de maniĂšre Ă©difiante. »

    Autant de visages, d’incarnation, que l’on retrouve aussi chez ces habitantes et habitants de Douarnenez. Depuis trois ans, elles et ils se rĂ©unissent pour faire Ă©merger leur utopie, bien concrĂšte : celle de voir exister la fonciĂšre Kazel Ă  Kazel. En clair, l’achat de 16 ha de terre, situĂ©s juste au-dessus des bassins versants de la plage du Ris.

    Une dynamique citoyenne pour « faire sortir ces terres, des griffes de l’agro-business ».

    « Des luttes, des doutes et des victoires » est une coproduction de « Splann ! » avec le Festival de cinéma de Douarnenez.

    🎧 Calage des invitĂ©es, animation et postproduction : Pierre-Yves Bulteau ; mise en ligne : â€ȘSylvain Ernault.

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    Focus

    Municipales à Brest (29) : Nazim Yenier, un « berger du quartier » apprécié de la fachosphÚre ;Porcherie Avel vor à Landunvez (29) : un correspondant du Télégramme témoigne contre les écologistes.

    Glané pour vous

    Qui se cache derriĂšre « Talion Brest », groupuscule d’extrĂȘme droite qui recrute au stade et Ă  l’arsenal ;Le lobby de la viande tente de dĂ©brancher un expert des pollutions agricoles ;Sage Vilaine : des tracteurs roulent sur la qualitĂ© de l’eau ;Le DĂ©partement du FinistĂšre achĂšte Les Roses Blanches, Ă  Douarnenez, Ă©vitant une vente aux enchĂšres.

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  • Morgan Large a reçu Caroline Trouillet pour prĂ©senter l’enquĂȘte de « Splann ! » sur la destruction programmĂ©e de l’hĂŽpital public, dans l’émission La Petite Lanterne, le 27 novembre 2025.

    Des ressources humaines aux bĂątiments, en passant par le nombre de lits et le systĂšme de financement, les journalistes Caroline Trouillet et Isabelle Jarjaille relĂšvent les indices d’une destruction programmĂ©e du service public de santĂ©, au profit du secteur privĂ©.

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  • À l’occasion des cinq ans de « Splann ! », fĂȘtĂ©s le 28 juin 2025 Ă  ChĂąteaulin, plusieurs journalistes – InĂšs LĂ©raud, Morgan Large, Nathalie Barbe, Marianne Kerfriden et Catherine Le Gall – se sont rĂ©unies pour explorer ce que signifie enquĂȘter en tant que femme.

    Les intervenantes racontent un quotidien marquĂ© par des contraintes liĂ©es aux rapports de pouvoir masculins dans le journalisme et dans les milieux qu’elles couvrent. Être mĂšre, par exemple, peut invisibiliser, limiter la disponibilitĂ© et amplifier le doute sur leurs compĂ©tences. Être une femme peut faciliter l’accĂšs Ă  certaines sources, mais aussi susciter violences, menaces et campagnes de dĂ©nigrement, comme l’ont vĂ©cues InĂšs LĂ©raud et Morgan Large aprĂšs leurs enquĂȘtes sur l’agro-industrie en Bretagne.

    L’expĂ©rience des participantes rĂ©vĂšle aussi l’importance de la lĂ©gitimitĂ© sociale. Certaines doivent nĂ©gocier leur place dans des milieux agricoles ou industriels, jouer de leur apparence ou de leur empathie pour faire parler les interlocuteurs.

    Plusieurs journalistes racontent comment leurs enquĂȘtes ou celles de consƓurs ont Ă©tĂ© reprises, exploitĂ©es ou signĂ©es par des confrĂšres, souvent parisiens, tandis qu’elles Ă©taient relĂ©guĂ©es au rĂŽle de « fixeuses », y compris en France. Cette invisibilisation est d’autant plus lourde que celles qui vivent sur le terrain restent ensuite seules face aux reprĂ©sailles.

    À cette discrimination de genre s’ajoute une autre ligne de fracture : celle du territoire. Quitter Paris, travailler depuis Nantes, c’est souvent ĂȘtre renvoyĂ©e Ă  des sujets « locaux », perçus comme mineurs, mĂȘme lorsque les enquĂȘtes ont une portĂ©e nationale ou internationale. Pour plusieurs intervenantes, l’éloignement gĂ©ographique pĂšse parfois plus lourd que le fait d’ĂȘtre une femme.

    Face Ă  ces difficultĂ©s, la table ronde met en avant des dynamiques collectives essentielles : collectifs informels de journalistes enquĂȘtant sur l’agriculture, syndicats comme la Gaard pour les rĂ©alisatrices de documentaires, et surtout l’existence de mĂ©dias rĂ©gionaux indĂ©pendants comme « Splann ! ».

    Avoir une rĂ©daction ancrĂ©e localement, solidaire, capable d’assumer les risques juridiques et humains de l’investigation change profondĂ©ment l’expĂ©rience du mĂ©tier. C’est ce qu’a connu InĂšs LĂ©raud lors de la plainte en diffamation dĂ©posĂ©e par le prĂ©sident d’Inaporc Philippe Bizien.

    MalgrĂ© les obstacles, un constat d’espoir Ă©merge. Les intervenantes observent une fĂ©minisation des rĂ©dactions en chef, une reconnaissance croissante des enjeux agricoles et Ă©cologiques ainsi qu’une montĂ©e en puissance de mĂ©dias indĂ©pendants financĂ©s par le public. Ces expĂ©riences ouvrent la voie Ă  de nouvelles gĂ©nĂ©rations de journalistes pour prĂ©parer la relĂšve.

    🎧 Prise de sons, montage et mixage : Violette Voldoire ; post-production : Pierre-Yves Bulteau ; mise en ligne : Sylvain Ernault.

    🙏 Nous remercions le cafĂ©-cabaret Run ar Puñs, Ă  ChĂąteaulin, pour son accueil chaleureux ainsi que le public venu nombreux.

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  • Patrice SalaĂŒn a reçu le journaliste Kristen Falc’hon, de « Splann ! », ainsi que Gustave, Bruno et GaĂ«lle, membres de l’AssemblĂ©e RSA France Travail de Brest, le jeudi 18 dĂ©cembre 2025, dans son Ă©mission Pat Blabla sur la radio Transistoc’h.

    L’invitation a Ă©tĂ© motivĂ©e par les entraves subies par une Ă©quipe de « Splann ! » lors de la prĂ©sentation du bilan RSA (pour Revenu de solidaritĂ© active) par le prĂ©sident du conseil dĂ©partemental du FinistĂšre, MaĂ«l de Calan (ex-LR). L’évĂ©nement, organisĂ© le 3 dĂ©cembre dans le magasin d’usine Armor-lux Ă  Quimper, se tenait devant prĂšs de 200 chefs d’entreprise et reprĂ©sentants du monde de l’insertion.

    Si cette atteinte Ă  la libertĂ© de la presse a donnĂ© lieu Ă  une polĂ©mique relayĂ©e jusque dans la presse nationale, la mobilisation organisĂ©e le mĂȘme soir, devant le site, par la CGT et des collectifs de chĂŽmeurs et de prĂ©caires est restĂ©e largement invisibilisĂ©e.

    Des manifestants réprimés

    Une soixantaine de manifestants ont pourtant fait face Ă  un dispositif de maintien de l’ordre consĂ©quent. En plus d’agents de sĂ©curitĂ© auxquels la collectivitĂ© locale avait fait appel, des policiers de la compagnie dĂ©partementale d’intervention Ă©taient dĂ©ployĂ©s. Comme le montrent des images mises en ligne par « Splann ! », les forces de l’ordre ont eu recours Ă  des gaz lacrymogĂšnes pour disperser un groupe qui occupait pacifiquement la chaussĂ©e.

    « Ils essayent de rĂ©guler la contestation ou de faire en sorte qu’elle n’existe pas, tĂ©moigne Bruno, prĂ©sent ce soir-lĂ . Nous avions dĂ©jĂ  tentĂ© de lire un tract lors de la sĂ©ance plĂ©niĂšre du conseil dĂ©partemental de juin dernier. Nous nous sommes rapidement fait barrer l’accĂšs par des Ă©lus et, une fois dehors, nous avons Ă©tĂ© emmenĂ©s en garde Ă  vue. Certains sont restĂ©s vingt-quatre heures. Il n’y a eu aucune suite judiciaire depuis. »

    Selon les membres du collectif, ce contrĂŽle de la parole critique s’étend jusqu’aux services du DĂ©partement.

    « Des assistantes sociales nous ont expliquĂ© que, lors de son arrivĂ©e au pouvoir, MaĂ«l de Calan avait rappelĂ© aux agents leurs droits, mais surtout leurs devoirs – en particulier le devoir de rĂ©serve, poursuit Bruno. Ils n’ont plus le droit de s’exprimer publiquement sur la politique dĂ©partementale. Vu la faiblesse des luttes internes Ă  l’administration, rien ne filtre. Pourtant, on observe une explosion des demandes d’urgence, au moins dans la mĂ©tropole brestoise. »

    « “Splann !” reçoit Ă©normĂ©ment d’alertes de bĂ©nĂ©ficiaires et de travailleurs sociaux qui dĂ©crivent une politique de contrĂŽle d’une grande violence, confirme Kristen Falc’hon. Le fait que le DĂ©partement nous ferme ses portes tout en les ouvrant Ă  d’autres acteurs raconte aussi quelque chose. »

    Une politique du chiffre assumée

    En octobre, la journaliste ChloĂ© Richard s’est penchĂ©e pour « Splann ! » sur les difficultĂ©s rencontrĂ©es par des petits paysans du FinistĂšre, confrontĂ©s Ă  des dĂ©marches administratives kafkaĂŻennes. Mais ils sont loin d’ĂȘtre les seuls concernĂ©s.

    « Les contrĂŽles du DĂ©partement n’existaient pas avant MaĂ«l de Calan, affirme Bruno. Une Ă©quipe dĂ©diĂ©e a Ă©tĂ© créée pour radier environ 3 000 personnes par an. C’est massif, d’autant qu’un bĂ©nĂ©ficiaire peut Ă©galement ĂȘtre contrĂŽlĂ© par la CAF et par France Travail. »

    La majoritĂ© de droite au conseil dĂ©partemental revendique d’ailleurs une baisse significative du nombre d’allocataires : de 18 000 en dĂ©but de mandat Ă  13 500 fin 2025, soit une diminution de 25 %. L’objectif affichĂ© est d’atteindre 13 000 bĂ©nĂ©ficiaires fin 2026.

    « Avec une allocation mensuelle moyenne de 535 euros, cette diminution reprĂ©sente une Ă©conomie brute de 29 millions d’euros par an et une Ă©conomie nette de 18 millions d’euros », indique le communiquĂ© diffusĂ© Ă  l’issue de la soirĂ©e du 3 dĂ©cembre.

    Sur le terrain, les effets de cette politique sont lourds, selon les personnes concernées.

    « Les contrĂŽleurs exigent de justifier la moindre dĂ©pense ou de produire des relevĂ©s bancaires, explique GaĂ«lle, Ă©galement membre de l’AssemblĂ©e RSA France Travail de Brest. Les aides familiales doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©es. Cela n’a pas de fin et provoque un Ă©puisement psychologique. Les gens se retrouvent isolĂ©s face aux mĂ©andres de l’administration, d’oĂč la nĂ©cessitĂ© de s’organiser collectivement. »

    « La France du travail » ou celle de l’exploitation ?

    « MaĂ«l de Calan dit vouloir bĂątir la “France du travail”. Nous, nous y voyons plutĂŽt une France de l’exploitation, renchĂ©rit Bruno. L’objectif est que les gens renoncent Ă  leurs droits pour accepter Ă  peu prĂšs n’importe quel emploi. Il existe quatre secteurs oĂč l’on peut cumuler RSA et salaire pendant trois mois avec un contrat de six mois : l’agroalimentaire, le BTP, le service Ă  la personne et la restauration. Ce sont des secteurs aux conditions de travail difficiles et aux emplois peu qualifiĂ©s. »

    Plus largement, le collectif estime que cette politique favorise l’atomisation des individus et les pousse vers l’auto-entrepreneuriat contraint. Elle s’inscrit, selon eux, dans une dynamique nationale, illustrĂ©e par le dĂ©cret RSA actuellement attaquĂ© devant le Conseil d’État par des syndicats et des associations.

    Les discours de stigmatisation des plus pauvres contribueraient ainsi Ă  rendre socialement acceptables ces mesures.

    « On assiste Ă  une offensive idĂ©ologique qui brandit la figure du “parasite”, dĂ©nonce Bruno. Or, taper sur les bĂ©nĂ©ficiaires du RSA c’est affaiblir les droits de tous les travailleurs. Il faudrait attaquer en haut plutĂŽt que de descendre vers le bas. Sur les 1 200 radiations de l’an dernier, la moitiĂ© sont dues Ă  une absence de rĂ©ponse Ă  un contrĂŽle. »

    Le collectif de prĂ©caires brestois conteste Ă©galement la non-rĂ©troactivitĂ© des versements pour les allocataires qui parviennent Ă  se rĂ©gulariser durant la pĂ©riode de suspension prĂ©cĂ©dant leur radiation. Une bataille qu’il devrait mener en 2026.

    MĂ©dia indĂ©pendant financĂ© par ses lectrices et ses lecteurs, « Splann ! » entend poursuivre ses enquĂȘtes sur la politique RSA du conseil dĂ©partemental du FinistĂšre.

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  • Kristen Falc’hon Ă©tait l’invitĂ© de l’émission C’est vous qui le dites, le jeudi 11 dĂ©cembre, sur Radio U. Notre journaliste est revenu sur les entraves qu’il a subies lors de la prĂ©sentation du bilan RSA de MaĂ«l de Calan devant le patronat finistĂ©rien.

    Mercredi 3 dĂ©cembre, Kristen Falc’hon et ChloĂ© Richard sont refoulĂ©s d’une soirĂ©e organisĂ©e chez Armor-lux, Ă  Quimper, par le prĂ©sident du conseil dĂ©partemental du FinistĂšre. L’évĂ©nement vise Ă  promouvoir sa politique en matiĂšre de versement du revenu de solidaritĂ© active (RSA) et d’accompagnement des allocataires devant 200 patrons. Des journalistes de « Ouest-France » et du « TĂ©lĂ©gramme » y assistent.

    AprĂšs avoir Ă©tĂ© empĂȘchĂ© par le service communication, un agent de sĂ©curitĂ© suit Kristen Falc’hon sur le parking. Il tente de saisir sa camĂ©ra, alors que celui-ci filme des manifestants. Une soixantaine de personnes sont en effet venues protester contre des mesures de contrĂŽle et de sanction qualifiĂ©es de « chasse aux pauvres » par les syndicats. Des critiques ravivĂ©es par l’enquĂȘte de « Splann ! » parue en octobre sur les difficultĂ©s rencontrĂ©es par des petits paysans.

    Lundi sur TĂ©bĂ©o (chaĂźne TNT appartenant au « TĂ©lĂ©gramme »), puis mardi sur Ici Breizh Izel, MaĂ«l de Calan a prĂ©tendu que nos journalistes avaient « tentĂ© de se faire passer pour des chefs d’entreprise ». Un mensonge doublĂ© d’une attaque Ă  la rĂ©putation de « Splann ! », qualifiĂ© de « presse d’extrĂȘme gauche trĂšs militante ».

    InterrogĂ© par le PS, les rĂ©gionalistes et les Ă©cologistes sur ces entraves manifestes Ă  la libertĂ© de la presse, le chef de la droite finistĂ©rienne a de nouveau maniĂ© l’outrance, lors de la sĂ©ance plĂ©niĂšre du conseil dĂ©partemental, jeudi 12 dĂ©cembre. Ajoutant que « Splann ! » Ă©tait un « blog [
] pas indĂ©pendant » qui pratiquerait le « harcĂšlement » contre sa majoritĂ©.

    Une stratĂ©gie du dĂ©nigrement vertement dĂ©noncĂ©e par Kristen Falc’hon sur Radio U.

    « MaĂ«l de Calan s’attaque au messager, se dĂ©sole notre cofondateur. C’est assez petit. Ça envoie le message que le DĂ©partement a quelque chose Ă  cacher [
] Mais cela ne fait que renforcer notre dĂ©termination Ă  le questionner sur ses pratiques, comme n’importe quelle institution. »

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