Afleveringen


  • Que l’on compare les démocraties du début du XXè siècle à ce qu’elles sont devenues un siècle plus tard, on mesure les incontestables progrès, en termes de droit de suffrage, d’éducation des citoyens, de capacité d’information. Toujours en débat, la démocratie est un processus. Et elle parvient difficilement à être une valeur d’exportation.

    On évoquait après la chute du Mur de Berlin et de l’URSS, le triomphe universel de la démocratie politique, jointe à l’universalisation de l’économie de marché. Trois décennies plus tard, on mesure le retour des régimes totalitaires. Le tableau des progrès de la démocratie doit être nuancé par ses échecs et reculs en dehors du monde occidental -ce qui représente la plus grande partie de l’humanité. La dynamique est inversée et la question de savoir si notre monde ne serait pas entré dans une phase de régression démocratique aux antipodes des espérances passées se pose réellement.

    Invités :  
    Clémentine Fauconnier, maîtresse de conférences à l’Université de Haute-Alsace et rattachée au laboratoire Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe  Pierre Buhler, diplomate, ancien ambassadeur de France en Pologne entre 2012 et 2016 Serge Sur, membre de l’Académie. Professeur émérite de l’Université Panthéon Assas, rédacteur en chef de la revue Questions internationales «Les démocraties à l’épreuve».
    (Rediffusion du 29 octobre 2022)


  • Le conflit en Syrie a été le grand oublié de l’année 2022. Avec la guerre en Ukraine, l’attention médiatique s’est détournée de la Syrie et d’un conflit qui a fait les gros titres, plusieurs années durant. La guerre est pourtant toujours en cours, ponctuée de raids menés par trois pays : Israël, la Turquie et la Russie. La tension militaire ne faiblit pas dans le nord de la Syrie. Le 20 novembre 2022, Ankara lançait l’opération baptisée «Griffe épée», bombardant des positions kurdes du PKK et des Unités de protection du peuple YPG. Ankara accuse ces forces d’être à l’origine de l’attentat à Istanbul, le 13 novembre 2022, faisant 6 morts et 80 blessés.

    Les incursions de ces trois dernières années ont déjà consolidé l’empreinte turque dans la région... l’objectif d’Ankara étant de chasser les Kurdes de la frontière. Pendant ce temps, Bachar al-Assad poursuit sa politique de normalisation du régime marquée par une reprise de relations diplomatiques avec un nombre croissant de pays de la région. À l’occasion de la parution de «Syrie: le pays brûlé (2011-2021) le livre noir des Assad». Éd. du Seuil, Regard.

    Invités :
    Hala Kodmani, journaliste franco-syrienne. Grand reporter à Libération. « Seule dans Raqqa » éd Équateurs 2017 Ziad Majed, politiste, professeur et directeur du programme des études du Moyen-Orient à l’Université Américaine de Paris. «Syrie, la révolution orpheline» Actes Sud 2014 Joël Hubrecht, membre du Comité de rédaction de la Revue Esprit. Responsable du programme Justice Pénale Internationale et transitionnelle à l’Institut des Études et de la Recherche sur le droit à la Justice.

  • Zijn er afleveringen die ontbreken?

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  • Organisation internationale rassemblant près de 2,4 milliards de personnes, soit un tiers de la population mondiale, le Commonwealth connaît un profond questionnement après la mort d’Elizabeth II et l’accession au trône du Roi Charles III. Entre aspirations républicaines et demandes de réparations post-coloniales, l’organisation héritage direct mais, maintes fois transformé de l’Empire britannique s’interroge sur son avenir. Quel ciment va maintenir ensemble ces États ? En devenant une République, en novembre 2021, la Barbade a revigoré les mouvements antimonarchistes, en particulier dans les Caraïbes, mais aussi en Australie ou au Canada. Et nombreux sont ceux qui questionnent en coulisse l’utilité de cette structure et sa finalité. La tâche pour Charles III s’annonce délicate.  

    Invités : 
    Virginie Roiron, maître de conférences en Civilisation britannique et du Commonwealth à l’Institut d’Études Politiques de Strasbourg. Laurence Dubois, maître de conférences en Études anglophones. Spécialiste d’Histoire britannique à l’Université Paris X Nanterre. « L’asile de Hanwell, un modèle utopique dans l’histoire de la psychiatrie anglaise ? », éd. Presses Sorbonne Nouvelle.   Marc Chevrier, professeur à la Faculté de Science politique et de droit à l’Université du Québec à Montréal. « L’Empire en marche. Des peuples sans qualités, de Vienne à Ottawa », Presses de l’Université Laval, Hermann.


  • Déjà une semaine qu’a débuté la Coupe du monde de football. Une première dans le monde arabe. Une Coupe du monde très atypique. Une consécration planétaire de son règne pour l’émir du Qatar qui aspire à devenir un médiateur incontournable dans les dossiers régionaux et internationaux, notamment iraniens et afghans ainsi que dans la crise énergétique qui secoue le monde. La guerre de la Russie contre l’Ukraine est source d’immenses opportunités financières et géopolitiques pour le Qatar. Cette année 2022, les exportations d’énergie du pays devraient atteindre 100 milliards de dollars. Ce super cycle du gaz pourrait offrir au Qatar le moteur de croissance qui lui manquait pour la prochaine décennie.

    Invités : 
    Christian Chesnot, spécialiste du Moyen-Orient et grand reporter à la rédaction internationale de Radio France. « Qatar, les secrets d’une influence planétaire en 100 questions », éd. Tallandier.   Pascal Boniface, directeur de l’IRIS. « Histoire de la Coupe du Monde de football », éd. Courrier du Livre.  


  • L’analyse des Relations Internationales et, plus généralement, celle de l’évolution du monde abondent. On évoque ici un prétendu retour de tout un ensemble de vieilles pratiques. Retour de la guerre froide ou chaude, retour de la nation, des frontières, du sacré ou du religieux, du libéralisme d’antan ou des menaces éternelles, crainte d’une troisième guerre mondiale. L’ouvrage dirigé par Bertrand Badie et Dominique Vidal intitulé « Le monde ne sera plus comme avant », aux éditions Les Liens qui Libèrent, pose un autre regard sur notre présent qui nous éloigne de cette vision des retours de  l’Histoire.

    Bertrand Badie est notre invité : politiste, spécialiste des Relations internationales, professeur émérite des Universités à Sciences Po et enseignant chercheur associé au CERI. « Vivre deux cultures. Comment peut-on naître franco-persan », Odile Jacob.


  • Ce week-end, se tient à Djerba, en Tunisie, le 18ème sommet de la Francophonie, l’occasion pour l’OIF, l’Organisation internationale de la Francophonie de célébrer – avec 2 ans de retard pour cause de pandémie- son cinquantième anniversaire... 

    Aujourd’hui, l’OIF regroupe 88 États répartis sur 5 continents et francophones à divers degrés. Car si la promotion de la langue française et des valeurs qu’elle véhicule est le fondement de l’organisation, «francophonie» rime désormais avec diversité culturelle et linguistique, paix et la démocratie, éducation et numérique, ou encore coopération économique, scientifique et même sanitaire.  

    Comment se porte la francophonie en 2022 ? Selon l’OIF, la langue française progresse dans le monde : 300 millions de locuteurs en 2018, 321 millions en 2022, soit 7% d’augmentation grâce à l’Afrique. En revanche, l’usage du français recule dans les instances internationales et la secrétaire générale de l’Organisation, Louise Mushikiwabo, ne cache pas son agacement. 

     Au-delà des chiffres, comment définir aujourd’hui l’identité francophone ? La langue française a-t-elle les moyens de garder la place qui est la sienne ? Quels sont les objectifs de la francophonie ? Est-elle menacée par la présence croissante de la Chine sur le continent africain ? Pourquoi des pays francophones comme le Togo et le Gabon ont-ils choisi d’adhérer au Commonwealth ? Quels sont les atouts de l’OIF pour développer les échanges économiques au sein de l’espace francophone ? Ses adversaires ont-ils raison de dénoncer un outil de géopolitique, au service notamment de la France ? Quel est le poids de l’OIF parmi les institutions internationales ?

     

    Trois invités :  

    - Trang Phan-Labays, maîtresse de conférences à l’Institut International pour la francophonie. Université Jean Moulin Lyon 3   

    - Alexandre Wolff, chef de l'Observatoire de la Langue française à l’OIF  

    - Yann Gwet, journaliste, essayiste, auteur de « Vous avez dit retour ? »,  aux éditions Présence africaine à Paris.   


  • 50,9%. C’est ce qu’il a fallu à Lula pour reprendre les rênes du Brésil. Ancien syndicaliste de 77 ans, figure du Parti des travailleurs, emprisonné puis libéré pour des soupçons de corruption, l’ancien président doit désormais redresser un pays embourbé dans une crise économique, politique et environnementale. Les caisses de l’État sont à sec, les ménages brésiliens sont endettés et les inégalités sociales se sont creusées davantage sous le mandat de Jair Bolsonaro.

    Le président sortant n’a d’ailleurs pas officiellement reconnu sa défaite, laissant à son parti le soin de s’exprimer à sa place. Comment le Brésil remontera-t-il la pente ? Comment réconcilier les deux camps de l’électorat ? La victoire de Lula sonne-t-elle pour autant la fin du bolsonarisme ?

    Invités :
    Armelle Enders, historienne du Brésil contemporain, chercheuse à l’Institut français de Géopolitique et professeure à l’Université Paris 8, auteure de Histoire du Brésil, chez Chandeigne Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris, l’Institut de Relations internationales et stratégiques, auteur de Géopolitique de l’Amérique latine, chez Eyrolles.
    ► À écouter aussi : À quoi ressemblera le «nouveau Brésil» promis par Lula ?


  • Contre toute attente, ça n’est pas une vague républicaine qu’on a vue déferler sur les États-Unis, à l’occasion des « midterms ». Les Américains étaient appelés aux urnes deux ans après avoir élu Joe Biden à la Maison Blanche, ce mardi 8 novembre. D’ordinaire, ce scrutin joue en défaveur du pouvoir en place, pourtant les démocrates ont réussi à sauver les meubles.

    Si les républicains sont en passe de remporter la majorité à la Chambre des représentants, leur avance est courte. Et c’est encore plus flagrant au Sénat dont l’avenir est incertain. Les résultats définitifs ne seront connus qu’en décembre car l’État de la Géorgie organise un deuxième tour pour départager deux candidats au coude-à-coude. Ce scrutin est-il finalement une bonne nouvelle pour le président américain ? Quel impact aurait-il sur le paysage politique, à l’intérieur de ces deux partis ? Et comment ce nouvel équilibre des pouvoirs, au Congrès, impactera le programme de Joe Biden ?

    Invités :
    Anne Deysine, professeur émérite juriste et américaniste, spécialiste des questions politiques et juridiques aux États-Unis, auteure de Les États-Unis et la démocratie, chez L’Harmattan Philip Golub, politologue et professeur de Science politique et de Relations internationales à l’Université américaine de Paris.
    ► À écouter aussi : Élections de mi-mandat aux États-Unis: les démocrates limitent la casse!


  • Les élections de mi-mandat, un traditionnel obstacle pour le président américain en place à la Maison Blanche. Pour Joe Biden, la situation est sans doute particulièrement compliquée en raison de la radicalisation des Républicains qui, dans une proportion importante, continuent de contester son élection en 2020, et sont fortement opposés à ses projets.  

    Le retrait américain d’Afghanistan en août 2021 a fortement impacté la popularité de Joe Biden. Fin mai 2022, le président américain partageait avec son prédécesseur Donald Trump le niveau d’approbation le plus bas de tous les présidents contemporains. Les USA connaissent une polarisation partisane forte, et Joe Biden ne trouve nulle grâce chez les électeurs républicains. Ils sont, d’après Gallup, à peine 3% à lui faire confiance. La guerre en Ukraine ne lui a pas donné de sursaut de popularité malgré le consensus qui prévaut entre démocrates et républicains contre la Russie de Poutine et pour l’assistance militaire massive apportée à l’Ukraine. Ces élections sont décisives pour la suite de la présidence de Joe Biden. L’unité bipartisane qui domine, depuis février 2022, à Washington au sujet de l’aide massive accordée à Kiev pourrait-elle se fissurer en cas de majorité républicaine à l’issue des élections de mi-mandat du 8 novembre ?  

    Invités :

    • Laurence Nardon, responsable du programme Amérique du Nord de l’IFRI. Productrice du podcast « New Deal » qui analyse, chaque semaine, les enjeux de la politique américaine.

    • Maya Kandel, historienne, chercheuse associée à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, spécialiste des États-Unis. « Les États-Unis et le monde, de George Washington à Donald Trump », éd. Perrin. Maya Kandel tient également le blog Froggy Bottom sur la politique étrangère des États-Unis.

    • André Kaspi, historien. Spécialiste des États-Unis. « La nation armée. Les armes au cœur de la culture américaine », Éditions l’Observatoire.   

     


  • Les Américains décideront le 8 novembre s’ils veulent encore donner une majorité parlementaire à Joe Biden pour gouverner, ou s’ils préfèrent voir les Républicains peser davantage. Ils sont appelés aux urnes pour élire tous les députés de la Chambre des représentants et 1/3 des sénateurs. Ce scrutin verra aussi l'élection de plusieurs gouverneurs et secrétaires d’État. Des référendums locaux seront également organisés.  

    Les élections de mi-mandat sont généralement défavorables au parti du Président en place et la majorité démocrate actuelle est particulièrement courte. Huit sièges d’écart entre les deux partis à la Chambre sur 435 sièges et les 100 sièges au Sénat sont répartis à égalité entre démocrates et républicains, seule la vice-présidente Kamala Harris, présidente du Sénat, les départage. La violence a fait irruption dans la campagne avec l’agression au marteau dont a été victime Paul Pélosi, le mari de Nancy Pélosi, la présidente de la Chambre des représentants. Agression qui s’inscrit dans une stigmatisation haineuse de l’élue démocrate par la base MAGA (Make America Great Again, le slogan de Donald Trump). L’ancien président qui a été omniprésent durant la campagne sur fond de réunions publiques et autres déplacements. Autant d’occasions pour lui de réitérer ses allégations mensongères de fraudes électorales en 2020, ses lamentations sur la criminalité débridée et l’invasion migratoire. Selon un décompte du Washington Post, plus d’un candidat républicain sur deux engagés dans une élection, le 8 novembre, a mis en doute ou rejeté le résultat de la dernière présidentielle. Des élections à quitte ou double ? Regard sur les enjeux de ces scrutins de mi-mandat version 2022… alors que la décision de la Cour suprême fédérale sur le droit à l’avortement pourrait apporter des surprises, voire des bouleversements. 

    Invités : 

    • Laurence Nardon, responsable du programme Amérique du Nord de l’IFRI. Productrice du podcast « New Deal » qui analyse chaque semaine les enjeux de la politique américaine

    • Maya Kandel, historienne, chercheuse associée à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, spécialiste des États-Unis. « Les États-Unis et le monde, de George Washington à Donald Trump », éd. Perrin. Maya Kandel tient également le blog Froggy Bottom sur la politique étrangère des États-Unis

    • André Kaspi, historien. Spécialiste des États-Unis. « La nation armée. Les armes au cœur de la culture américaine », éditions l’Observatoire.  


  • Plusieurs pays importants de la planète ont refusé de condamner la Russie pour son aventure meurtrière en Ukraine. Parmi eux l’Inde, dont la population est sur le point de devenir la plus importante du monde et dont le poids n’a jamais été aussi grand. Cinquième puissance économique mondiale. Et une armée forte d’1,3 million de soldats, jugée par Washington indispensable à l’équilibre des forces en Asie. Un pied dans le camp occidental, un autre dans la Russosphère.

    Malgré ses contradictions, l’Inde va se retrouver au cœur de la diplomatie mondiale dans les prochains mois. Le 1er décembre 2022, New Delhi prendra la direction du G20 pour une année et accueillera le sommet annuel prévu en septembre 2023. La position de l’Inde est souvent difficile à saisir. Quels risques pour ses choix diplomatiques ?  

     

    Invités :  
    Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS (Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales) et chercheur senior à Asia Centre   Christophe Jaffrelot, directeur de Recherche au CERI de Sciences Po et du CNRS. Président de l’Association Française de Science Politique, AFSP Olivier Da Lage, rédacteur en chef à RFI. « L’Inde, un géant fragile », éditions Eyrolles. 


  • Que l’on compare les démocraties du début du XXè siècle à ce qu’elles sont devenues un siècle plus tard, on mesure les incontestables progrès, en termes de droit de suffrage, d’éducation des citoyens, de capacité d’information. Toujours en débat, la démocratie est un processus. Et elle parvient difficilement à être une valeur d’exportation.

    On évoquait après la chute du Mur de Berlin et de l’URSS, le triomphe universel de la démocratie politique, jointe à l’universalisation de l’économie de marché. Trois décennies plus tard, on mesure le retour des régimes totalitaires. Le tableau des progrès de la démocratie doit être nuancé par ses échecs et reculs en dehors du monde occidental -ce qui représente la plus grande partie de l’humanité. La dynamique est inversée et la question de savoir si notre monde ne serait pas entré dans une phase de régression démocratique aux antipodes des espérances passées se pose réellement.

    Invités :  
    Clémentine Fauconnier, maîtresse de conférences à l’Université de Haute-Alsace et rattachée au laboratoire Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe.  Pierre Buhler, diplomate, ancien ambassadeur de France en Pologne entre 2012 et 2016. Serge Sur, membre de l’Académie. Professeur émérite de l’Université Panthéon Assas, rédacteur en chef de la revue Questions internationales « Les démocraties à l’épreuve ».


  • C’est une agression militaire que la guerre en Ukraine a fait passer au second plan : le 13 septembre 2022, invoquant des provocations de son voisin arménien, l’Azerbaïdjan, 10 millions d’habitants, attaque en pleine nuit une quinzaine de localités du sud de l’Arménie (3 millions d’habitants)... Bilan : près de 300 morts -en majorité arméniens- en 3 jours, 7 600 déplacés. Et une cinquantaine de kilomètres de territoire arménien grignotés par les troupes d’Ilham Aliyev.

    Les autorités d'Erevan demandent l’assistance de leur allié russe. En vains. Une trêve est négociée par les États-Unis mais depuis, le spectre d’un retour de la guerre hante les Arméniens... En France, la diaspora dénonce l’indifférence de la Communauté internationale et alerte sur le sort des 120 000 Arméniens du Haut-Karabakh, passé en grande partie sous contrôle azerbaidjanais depuis la guerre meurtrière qui a opposé en 2020 les 2 voisins. 

    Pourquoi cette soudaine offensive militaire de Bakou alors que des négociations, chapeautées par l’Union européenne, étaient en cours pour parvenir à un traité de paix entre les deux pays ennemis ? Les Arméniens ont-ils raison de redouter une reprise de la guerre ? Quel est l’agenda de la Turquie - fidèle soutien de l’Azerbaïdjan- et le jeu de la Russie, alliée de l’Arménie ? La guerre en Ukraine va-t-elle rebattre les cartes dans ce Caucase si compliqué ?

     

    Invités :

    - Taline Papazian, politologue et enseignante à Sciences Po Aix, a co-écrit avec Robert Aydabirian et Jirair Libaridian, un « Livre blanc :  La Guerre du Karabakh de 2020 et l'avenir des politiques étrangère et de sécurité de l’Arménie »

    - Ahmet Insel, éditeur, ancien professeur de l’Université Galatasaray à Istanbul, co-auteur avec Pierre-Yves Hénin de « Le national capitalisme autoritaire » paru, en 2021, aux Éditions Bleu Autour

    - Régis Genté, correspondant de RFI dans le Caucase, a co-signé avec Stephane Siohan, correspondant de RFI à Kiev « Volodymyr Zelensky. Dans la tête d’un héros »,  publié chez Robert Laffont en 2022.

     


  • Des femmes qui ôtent leur voile, le font virevolter, le brûlent en public, des jeunes filles cheveux au vent et poings levés dans les rues pour hurler leur haine d’un régime qui les opprime et les oblige à porter le hidjab ; des lycéennes, tête nue, qui osent faire un doigt d’honneur devant le portrait du Guide suprême l’ayatollah Khamenei.... d’autres qui se coupent des mèches de cheveux et postent la vidéo sur les réseaux sociaux... Depuis 5 semaines, une vague de contestation inédite, avec les femmes en première ligne, secoue l’Iran...

    C’est la mort, le 16 septembre 2022, d’une jeune Kurde de 22 ans qui a tout déclenché... Mahsa Amini avait été arrêtée, 3 jours plus tôt, par la police des mœurs pour avoir mal ajusté son voile. Elle est devenue une icône... Le pouvoir a choisi de répondre à la fronde par une féroce répression : les ONGs évoquent quelque 200 morts et des centaines d’arrestations...

    À quoi aspirent les Iraniens et les Iraniennes ? Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour obtenir un changement de régime ? Le Guide suprême Ali Khamenei est-il capable de lâcher du lest ? Existe-t-il des dissensions au sein des forces armées sur la politique répressive  en cours ?  Le régime théocratique , en place à Téhéran depuis 1979, est-il est sursis ?

     

    Invités : 

    - Clément Therme, chercheur associé à l’EHESS, l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, et chargé de cours à l’Université Paul Valéry de Montpellier, a dirigé « L’Iran et ses rivaux. Entre nation et révolution », ouvrage collectif paru en 2020 aux Éditions Passés composés  

    - Azadeh Kian, professeur de Sociologie et directrice du CEDREF, le Centre d’enseignement, de documentation et de recherches pour les études féministes à l’Université Paris Cité, a publié « Femmes et pouvoir en Islam »,  aux éditions Michalon en 2019 

    - Delphine Minoui, journaliste franco-iranienne, correspondante du Figaro à Istanbul, a publié  « Je vous écris de Téhéran », au Seuil en 2015.  


  • C’est un événement au protocole millimétré, ultra médiatisé et savamment opaque : le 20ème congrès du Parti Communiste Chinois s’ouvre ce dimanche 16 octobre 2022 à Pékin, en présence de plus de 2 000 délégués venus de tout le pays et représentant près de 96 millions de membres du parti. Au pouvoir depuis 2012, le président Xi Jinping, 69 ans, devrait, sauf coup de théâtre, se voir confier un troisième mandat de secrétaire général du PC avant d’obtenir en mars prochain (2023), un troisième mandat de président.

    Du jamais vu depuis Mao. Il faut dire qu’en 2018, Xi Jinping a fait supprimer dans la Constitution la limite des deux mandats. Mais, le sacre annoncé risque d’être assombri par un contexte délicat pour le pouvoir chinois, entre une croissance économique en berne, une politique « Zéro Covid » que la population et les milieux d’affaires commencent à contester, des tensions toujours croissantes avec les États-Unis, notamment sur la question de Taïwan sans compter les répercussions de la guerre en Ukraine. Que faut-il attendre de ce 20ème congrès qualifié par le président chinois de très important pour les cinq ans à venir et même au-delà ? Quels en sont les enjeux intérieurs et à l’international ?

     

    Invités : 

    - Emmanuel Lincot, sinologue, professeur à l’Institut Catholique de Paris, chercheur-associé à l’Iris, auteur de  « Chine et terres d’Islam : un millénaire de géopolitique » aux Puf

    - Jean-François Huchet, économiste, spécialiste de l’économie de l’Asie et de la Chine en particulier, président de l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales), auteur de « La crise environnementale en Chine »,  paru en 2016 aux Presses de Sciences Po

    - Marc Julienne, chercheur, responsable des activités Chine au Centre Asie de l’IFRI, l’Institut français des Relations internationales. 


  • La menace nucléaire, les faux référendums, les annexions de régions administratives de Donetsk, de Kherson, de Louhansk et de Zaporijia, ou encore le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2 sont-ils des signes de faiblesse de la Russie et de sa frustration de la défaite sur le terrain ? Quelle est la signification de ce à quoi nous assistons ? Est-ce qu'on peut parler de d'escalade ? Quel bilan provisoire peut-on faire après sept mois de guerre en Ukraine ? Thierry de Montbrial, président de l’Institut Français des Relations Internationales et membre de l’Académie des sciences morales et politiques répond aux questions de RFI.

    Invité :

    - Thierry de Montbrial, fondateur et président de l’Institut Français des Relations Internationales, président de la World Policy Conference et membre de l’Académie des sciences morales. 


  • La 77è session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est terminée à New York. Cette grand-messe onusienne de septembre est un rendez-vous unique dans la coopération internationale. Mais, l’ONU ressemble de plus en plus à une vieille dame, jugée désuète et de plus en plus considérée comme dysfonctionnelle. Incapable de réformes. Son avenir est en question. Dédaignée par deux pays membres du Conseil de Sécurité, la Chine et la Russie… elle est plus que jamais en quête de sens, totalement dépassée par la conjonction des crises internationales. Impuissance face à la guerre en Ukraine, après la Syrie, la Birmanie ou le Yémen. Bilan piteux et attentes insatisfaites à en juger par la répression en toute impunité dans le Xinjiang.

    La légitimité de l’ONU continue de sombrer dans un monde accablé par une conjonction de fléaux. Comme le déclarait récemment Antonio Guterres, le secrétaire général de l’Organisation, l’heure est au péril tandis que la planète est dévastée par la guerre, meurtrie par le chaos climatique, défigurée par la haine et déshonorée par la pauvreté, la faim et les inégalités. Sciences Po à Paris vient de lancer l’Observatoire du Multilatéralisme et des Organisations Internationales. L’occasion de dresser un état des lieux… Derrière le multilatéralisme, il y a des institutions spécialisées sur différents registres : stratégique, tiers-mondiste, commercial et humanitaire, ce dernier incluant l’environnement. Partout, le même constat de faiblesse des institutions multilatérales. Que reste-t-il de la coopération internationale ? 

    Invités :  
    Lucile Maertens, maîtresse d’enseignement et de recherche à l’Institut d’Études politiques de l’Université de Lausanne, spécialiste des organisations internationales, notamment dans le domaine de l’environnement. Membre associée du GRAM, Groupe de Recherche sur l’Action Multilatérale. Co-auteur avec Marieke Louis d’un ouvrage non traduit en français « Why international Organizations hate Politics. Dépolitiser le monde », paru en 2021 Marieke Louis, maîtresse de conférences en Science politique rattachée au Centre Marc Bloch. Spécialiste du multilatéralisme social et économique Mathilde Leloup, maîtresse de conférences à l’Université Paris 8 (Vincennes-St Denis) et chercheuse au CRESPPA-LabToP, spécialiste des organisations internationales notamment dans le domaine de la protection du patrimoine culturel et auteure de l’ouvrage « Défendre l’humanité en protégeant son patrimoine, un nouveau mandat pour les opérations de paix onusiennes » aux éditions Dalloz (2021).  Charles Tenenbaum, maître de conférences en Science Politique à Sciences Po Lille, Chercheur au CERAPS, Université de Lille. Spécialiste des enjeux sécuritaires.  


  • La Guerre en Ukraine a presque occulté la guerre froide que se livrent Américains et Chinois et la détermination américaine d’endiguer la Chine. La Pandémie d’abord, l’invasion russe ensuite et peut-être surtout, viennent rebattre les cartes de la géopolitique mondiale, interrompant pour commencer un pan entier de l’intégration de la Russie dans le système monde. De nouvelles recompostions apparaissent. Le changement d’ère provoqué par l’invasion de l’Ukraine a, à l’évidence, renforcé la puissance et l’influence des USA dans le monde, faisant oublier le départ précipité d’Afghanistan.

    Peut-on parler de complet retournement. Les États-Unis sont-ils les grands gagnants de la nouvelle donne économique et stratégique ? Quelles options pour les Européens ? La garantie de sécurité des États-Unis est-elle la seule qui s’ouvre à eux ? L’Europe sera-t-elle la grande perdante de la recomposition en cours ?

     

    Invités
    Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la Recherche Stratégique. « Taiwan face à la Chine », éd. Tallandier.  Maya Kandel, historienne, chercheuse associée à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, spécialiste des États-Unis. « Les États-Unis et le monde, de George Washington à Donald Trump », éd. Perrin. Blog Froggy Bottom sur la politique étrangère des États-Unis.   L’Amiral Pascal Ausseur, directeur général de la Fondation Méditerranéenne d'Études Stratégiques. «Atlas stratégique de la Méditerranée et du Moyen Orient», accès libre sur le site de la FMES. 
     

    Édition enregistrée à Toulon dans le cadre des Rencontres stratégiques de la Méditerranée. Initiative conjointe de la FMES et de la FRS.  

     


  • L'invasion de l'Ukraine représente un tournant stratégique majeur. La mobilisation décrétée par la Russie et les référendums organisés dans les régions ukrainiennes bordant la Mer d'Azov marquent une escalade. D'aucuns estiment que la Russie veut non pas la paix mais la victoire. Les Etats-Unis sont eux à la veille des élections de mi-mandat qui pourraient se traduire par un changement de majorité au Congrès et une remise en question de l'aide américaine à l'Ukraine. Y a t-il des risques d'extension du conflit au théâtre européen? 

    Avec
    Alexandra Goujon, maître de conférences à l'Université de Bourgogne. «Ukraine, de l'indépendance à la guerre», éditions le Cavalier Bleu L'Amiral Henri Schricke, ancien représentant militaire de la France auprès de l'Otan et de l'Union européenne Pierre Razoux, directeur académique de la Fondation Méditerranéenne d'Études Stratégiques.
    Édition enregistrée à Toulon dans le cadre des Rencontres stratégiques de la Méditerranée. Initiative conjointe de la FMES et de la FRS.  


  • Regard sur le Brésil à quelques jours de l’élection présidentielle du 2 octobre 2022. Une campagne électorale tendue dans un pays polarisé entre les partisans de Lula et ceux du président sortant Jair Bolsonaro. Les attaques parfois très violentes entre les militants ont été nombreuses, instaurant un climat ressemblant étrangement aux États-Unis. Les sondages donnent l’ancien président Lula largement en tête et la question se pose de savoir s’il ne serait pas en mesure de l’emporter dès le premier tour.

    Président d’extrême droite, Jair Bolsonaro pâtit notamment de sa mauvaise gestion de la pandémie. Son programme d’aide aux plus démunis, renforcé au cours des derniers mois, n’a pas suffi à combler la distance qui le sépare de Lula. Président de 2003 à 2010 et libéré de prison en 2019 après un peu moins de deux ans de détention pour corruption passive, Lula prépare son retour en cette année 2022 du bicentenaire de l’indépendance du pays le plus vaste et le plus peuplé d’Amérique Latine. Bolsonaro conserve le soutien de forces très puissantes au Brésil… Espace le plus inégalitaire de la région, le pays est extrêmement polarisé et traverse une profonde crise politique, économique et sociale dans un climat de haine politique.  Enjeux et perspectives d’une élection présidentielle sous tensions.

     

    Invités :
    Juliette Dumont, maîtresse de conférences en Histoire contemporaine à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3) et chercheuse au CREDA  Lamia Oualalou, journaliste, spécialiste de l’Amérique Latine.  Alain Rouquié, président de la Maison de l’Amérique Latine, ancien ambassadeur de France.   Christophe Ventura, directeur de Recherche à l’Iris en charge du programme Amérique Latine et Caraïbe. 
     

    Émission enregistrée à Nantes dans le cadre des GÉOPOLITIQUES DE NANTES.