Afleveringen

  • C'est le dernier épisode de notre saison avec le livre de Job et l'évangile de saint Luc. Vous pouvez retrouver tous les épisodes sur notre site ou sur notre appli Prier dans la ville ainsi que sur toutes les plateformes de podcasts, si vous souhaitez les réécouter.

    Nous serons heureux de vous retrouver prochainement pour la suite de La Bible en continu, avec le livre de l'Exode et l'évangile de saint Marc.

    Livre de Job 42

    Après ce long exposé de Yahvé, Job reconnaît avoir parlé à la légère. Cet épilogue a une importance majeure, car la souffrance ou le mal absolu peuvent conduire au désespoir, à la certitude de l’absence de Dieu, au désir d’en finir, surtout si l’on reste habité par une image inadéquate de Dieu, celle qui est, en réalité, la plus spontanée : un Dieu justicier ou un Dieu qui punit ou récompense. Job a découvert un Dieu qui échappe à cette morale de la rétribution, un Dieu qui a tout créé librement, par amour et de manière gratuite.

    En blâmant alors les trois amis de Job, conseillers importuns, et en lui redonnant la santé et même le double de sous ses biens, Yahvé montre qu’il n’a pas pris ombrage de la révolte de Job.

    Au bout du compte, le Livre de Job n’est pas un livre qui « explique » le mystère du mal et de la souffrance. C’est plutôt un livre, une fable, qui vient corriger notre image de Dieu, une image enfouie au plus profond de nous-mêmes et de nos cultures. Jésus viendra donner une autre dimension à ce Dieu libre, celle d’un Dieu-Amour qui se fait petit et vulnérable pour partager la condition des hommes afin de les conduire tous vers leur créateur. Il est étonnant de voir combien ce Livre de l’Ancien Testament prépare déjà ce qui sera révélé par Dieu dans la nouvelle Alliance : un Dieu d’amour qui se fait proche pour que tous soient sauvés.

    Psaume 87

    Au milieu des nations et des peuples, l’âme célèbre la ville sainte et la présence de Dieu. La prière devient chant d’appartenance et d’espérance, rappelant que le Seigneur rassemble et bénit ceux qui vivent dans la fidélité et l’amour.

    Évangile de saint Luc 24

    Trois épisodes structurent le récit de la Résurrection dans l’évangile de Luc : la découverte du tombeau vide par les femmes venues embaumer son corps, le récit des pèlerins d’Emmaüs et l’apparition de Jésus aux onze disciples. Tout se passe à Jérusalem ou dans ses environs et prépare, en quelque sorte, la dynamique de l’annonce de la Résurrection qui, dans les Actes des Apôtres, partira de Jérusalem vers les extrémités de la terre. La noirceur du récit de la Passion est comme recouverte par un climat de lumière et de joie.

    Ce dont parle l’évangile, c’est d’une expérience faite par les femmes, les disciples d’Emmaüs et les Onze : on ne prouve pas la Résurrection. On en fait l’expérience. Laissons-nous gagner par ce climat de lumière et de joie. Soyons des témoins joyeux de la victoire de la vie sur la mort. Notre monde en a grand besoin.

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  • Livre de Job 40-41

    « Oui, j’ai parlé à la légère : que te répondrai-je ? , dit Job, Je mettrai plutôt ma main sur ma bouche. » Job est impressionné. Mais Yahvé, qui a créé gratuitement, va plus loin dans la seconde partie de sa réponse et entend montrer à Job que, malgré les apparences peut-être, il gouverne le monde avec justice. Cette création voulue par Dieu, que le Livre de la Genèse déclarait déjà « bonne », elle existe d’une manière incroyablement harmonieuse. Ces bêtes puissantes, Béhémoth et Leviathan, dont parle le chapitre, sont le vestige d’un chaos d’où est sorti le monde, un chaos que Job a cru partager, tout écrasé qu’il était par sa souffrance. Il y a bel et bien du mal et de la violence dans le monde, mais le monde n’est pas mauvais en soi, Dieu est au-dessus de cette violence première. Yavhé a laissé à Job la liberté de se plaindre et ne l’a pas fait mourir pour cela. Mais Dieu est libre lui aussi : « Dans sa rencontre avec la liberté divine, la liberté humaine trouve sa propre source », conclut Gustavo Gutierrez.

    Cette liberté va jusqu’à la possibilité de dire sa plainte devant Dieu. Cela aussi Dieu peut l’entendre. Il y répond, à sa manière.

    Psaume 76

    Quand la grandeur de Dieu se révèle, le cœur s’émerveille et s’incline dans l’admiration. La prière devient louange et contemplation, un lieu où la puissance et la justice divines inspirent respect et confiance. Dans cette rencontre, l’âme se sait protégée et soutenue.

    Évangile de saint Luc 23

    Nous écoutons avec recueillement le récit de la Passion. Ce peut être l’occasion de penser de manière particulière aux souffrants de notre monde : les malades incurables, les hommes et les femmes qui vivent leur fin de vie dans la solitude, les prisonniers abandonnés de tous, les réfugiés... C’est une vraie source de consolation et d’espérance de comprendre que Jésus est passé par là, librement, par choix de porter le péché des hommes, pour les arracher à la mort et les conduire à la vie. La prière de Jésus pour ses bourreaux peut aussi nous aider à briser le cercle infernal de la violence qui caractérise notre monde, un cercle infernal auquel seul le pardon peut mettre fin. Deux traits de lumière pourtant dans cet épisode bien sombre : Joseph d’Arimathie, « un homme juste et bon », qui offre un lieu pour la sépulture de Jésus, et les femmes, « qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée ».

    Les femmes ont une place particulière dans l’évangile de Luc. Elles n’ont jamais abandonné Jésus et seront les premières à annoncer la Résurrection du Seigneur. L’évangile de Luc accorde une place non négligeable aux femmes, depuis Elisabeth, la cousine de Marie, jusqu'à ces femmes qui entourent sa mère au pied de la Croix et se préparent à revenir pour embaumer son corps, dans un dernier geste de tendresse.

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  • Livre de Job 39

    Dieu fait comprendre à Job dans une fresque grandiose que tout ce qui existe découle de la gratuité d’un amour fondateur : le ciel, les astres, la mer, la pluie, la terre, et l’incroyable variété des animaux qui l’habitent, du chamois bondissant à l’aigle qui nourrit ses petits. Job doit comprendre que toute cette création découle de la gratuité de l’amour de Dieu. C’est elle qui constitue l’axe du monde. Le Livre des Proverbes, évoquant la Sagesse, parle d’une création qui s’ébat avec bonheur devant son créateur : « J’étais à ses côtés comme un enfant, je faisais ses délices jour après jour, jouant en sa présence à tout moment, jouant sur la surface de la terre, et je faisais mes délices des fils de l’homme ». Avant la chute, il y a une innocence de la création, qui fait les délices de Dieu. Dieu n’agit pas en fonction du comportement, bon ou mauvais, des hommes. La grandeur et la beauté de la création dépassent notre entendement et sont le fait du bon plaisir d’un Dieu créateur.

    Psaume 72

    Dans l’espérance d’un monde juste et paisible, l’âme s’élève vers Dieu et son règne. La prière devient vision de vérité et de paix, où la justice et la miséricorde se rejoignent. Chaque cœur qui s’y confie trouve refuge et inspiration pour agir avec droiture.

    Évangile de saint Luc 22, 47-71

    Après avoir invité ses disciples à suivre son exemple dans le don de sa propre vie – « Faites ceci en mémoire de moi » - Jésus doit à la fois affronter son procès et assister à la fragilité de ses disciples : l’un tente de s’opposer à ceux qui viennent l’arrêter par la violence des armes, alors qu’il leur a enseigné la douceur ; Pierre, qu’il a institué chef des apôtres, dit qu’il ne connaît pas Jésus. La foule haineuse se déchaîne. Les gardes le frappent et l’insultent. « L’amour n’est pas aimé », disait François d’Assise.

    En écoutant ce récit, prenons la mesure du message d’amour que Jésus nous a laissé. Rêvons un peu que cela inspire notre quotidien.

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  • Livre de Job 38

    La fin du Livre de Job ressemble à la fin d’un procès : après avoir entendu le plaignant et écouté les avocats de la partie civile, la cour tranche et donne son verdict. Ici, c’est Yahvé lui-même qui prend la parole pour répondre à Job. Moment solennel s’il en est dans une culture religieuse où être en présence de Dieu signifiait mourir. Dieu parle à Job à deux reprises « du milieu de la tempête », nous dit le texte, comme pour souligner le caractère exceptionnel de ce moment. Dieu le fait de manière assez ironique, non pas pour répondre terme à terme aux questions de Job, mais pour donner le cadre dans lequel il doit situer son angoisse.

    La première intervention de Yahvé (ch. 38) insiste sur le dessein de Dieu. Dans sa plainte, Job avait mis en cause les plans de Dieu, tout en refusant fermement les explications que ses amis prétendaient donner de la souffrance. Dans un style très poétique et solennel, Dieu veut lui faire comprendre le sens de sa volonté dans l’histoire humaine : « Où étais-tu quand je fondai la terre ? Indique-le si tu possèdes la science. »

    Psaume 70

    Lorsque l’urgence et la peur se font pressantes, la voix se tourne vers le Seigneur pour implorer secours et délivrance. La prière devient bouclier et lumière, donnant force et courage pour avancer malgré les obstacles.

    Évangile de saint Luc 22, 1-46

    Le récit de la Passion ne se prête guère au commentaire. Il convient plutôt de l’écouter dans un climat de recueillement. Jésus prend congé de ses disciples : « Je vous le déclare : désormais, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. », mais il leur laisse un geste qui le rendra présent à nouveau : « Ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant : "Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi". »

    Les disciples ne semblent pas comprendre la gravité de l’heure, car ils discutent encore entre eux pour savoir qui peut être tenu pour le plus grand. Contraste immense entre le don généreux et total de sa vie par Jésus et le manque de foi de ceux qui ont été choisis pour le suivre.

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  • Livre de Job 37

    Le plaidoyer d’Elihou nous offre une belle description des merveilles que fait Dieu dans le monde : il fait tomber la pluie et la neige, l’alternance de l’orage et du soleil en font soit un fléau pour la terre, soit une marque de sa bonté. « Le Puissant, nous ne pouvons l’atteindre, il est sublime en force ; il ne viole pas le droit et la pleine justice », conclut Elihou. Son invitation peut nous inciter à mesurer nous-mêmes à quel point la nature est belle. Que ne pourrions-nous pas dire aujourd’hui, nous qui, grâce aux progrès de la science, connaissons mieux les merveilles du corps humain. À notre tour d’entendre l’invitation d’Elihou : « Prête l’oreille à ceci, Job, arrête-toi et considère les merveilles de Dieu ! »

    Psaume 69

    Écrasé par l’injustice et l’adversité, l’orant élève un cri sincère vers le Seigneur. Dans le tumulte et la détresse, la prière devient refuge et appel à la miséricorde divine. Même au plus fort des épreuves, Dieu tend la main pour relever et réconforter l’âme.

    Évangile de saint Luc 21

    Le chapitre 21 nous prépare à la Passion. À mots couverts, Jésus annonce sa propre mort : « Comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ce dont il parle ici, c’est de son propre corps, l’édifice dont il est la pierre angulaire. La venue finale du Fils de l’homme sera précédée de grandes catastrophes cosmiques. « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche », annonce-t-il.

    Ces pages frappent par le contraste entre l’audience que Jésus continue à avoir pour son enseignement et le climat d’hostilité qui grandit contre lui. La Bonne nouvelle fait la vérité et donc elle divise, elle exacerbe les contradictions. C’est ce que peuvent aussi expérimenter les disciples de Jésus.

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  • Livre de Job 36

    Le chapitre 36 du livre de Job met l’accent sur une thématique que souligneront beaucoup les prophètes, une certitude fondée sur l’espérance : Dieu rend justice aux pauvres. « Dieu est puissant, il ne méprise pas, il est puissant et d’un cœur magnanime. Il ne laisse pas vivre le méchant mais rend justice aux pauvres ». Du coup, maltraiter le pauvre est d’une gravité particulière car Dieu entend la plainte de l’opprimé, dit la tradition biblique depuis la sortie d’Egypte. « Sortir de soi-même, aider ceux qui souffrent – sans attendre d’avoir résolu ses propres problèmes – c’est trouver un chemin vers Dieu », souligne le théologien péruvien Gustavo Gutierrez qui s’est efforcé dans son œuvre théologique de penser Dieu à partir de l’expérience des pauvres. Job reste convaincu que Dieu est juste. Son incompréhension devant le malheur qui l’a frappé ne lui interdit pas de dire : « Vois : Dieu est grand, au-delà de notre savoir, le nombre de ses années est sans mesure », « Dieu tonne à pleine voix : Merveilles ! Il opère de grandes choses que nous ignorons ».

    Ne pas maudire Dieu, réserver son jugement et rester émerveillé devant sa grandeur, voilà ce que suggère Elihou, au terme d’une longue réflexion sur l’attitude de Job. Une sorte de suspension du jugement : reconnaissance que ce qui relève de Dieu est au-dessus de notre entendement.

    Psaume 63

    Dans le désert ou au cœur de l’épreuve, l’âme cherche ardemment la présence de Dieu. Chaque souffle devient prière, chaque instant de silence un lieu d’écoute. La confiance en sa fidélité transforme la soif intérieure en joie profonde et en paix durable.

    Évangile de saint Luc 20

    Jésus ne triche pas quand il se présente publiquement, mais il doit le faire progressivement tant ce qu’il annonce est choquant pour l’assistance. Ainsi il refuse de répondre directement à la question : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t'a envoyé, qui t’a donné cette autorité ? » Il est “l’envoyé du Père”, mais comment le faire comprendre ?

    Comme à son habitude, il répond par une parabole, celle des vignerons homicides qui, après avoir tué les serviteurs venus récupérer ce qu’ils devaient à leur maître, allèrent jusqu’à tuer son propre fils. À mots couverts, Jésus annonce déjà ici le sort qui l’attend : être rejeté et mis à mort. Mais, reprenant un verset du psaume 118, il dit le sens de cette mort : « La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. »

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  • Livre de Job 35

    Elihou poursuit son plaidoyer, invitant Job à voir la grandeur de Dieu que l’on peut entrevoir à travers la magnificence de ses œuvres. Ceci est une invitation à rester humble devant la nature et les mystères du monde : « On ne dit pas : “Où est Dieu qui m’a fait, qui inspire des hymnes dans la nuit ?” ».

    « C’est en vain que Job ouvre la bouche, par ignorance il accumule des mots », conclut ce dernier avocat.

    Psaume 61

    Au sommet de la vie ou dans la solitude, l’âme s’élève vers Dieu avec espoir et sincérité. La prière devient tour de force et ancre de sécurité, un lieu où le cœur trouve paix et persévérance. Dans cette élévation, le Seigneur offre écoute, refuge et fidélité durable.

    Évangile de saint Luc 19, 28-48

    Étape après étape, Jésus s’approche de Jérusalem. Son audace à annoncer un salut pour tous lui vaut une hostilité croissante, qui atteint son paroxysme lorsqu’il arrive à Jérusalem où commence une nouvelle étape de son ministère. Il est certes reçu par des assistants enthousiastes - car l’attente du salut était vive en Israël - mais Jésus pressent l’hostilité qui monte contre lui, dans ce haut lieu du judaïsme. En effet, l’acclamation des disciples, « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur » suscite tout de suite la réprobation de quelques pharisiens, qui demandent à Jésus de reprendre ses disciples : de quel droit osent-ils dire qu’il vient au nom du Seigneur ?

    Cette hostilité de la Ville sainte attriste Jésus qui en pleure. Décidé à mener sa mission jusqu’au bout, il invite à faire du Temple une maison de prière et non de commerce, et enseigne chaque jour dans le Temple. « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela ? », lui disent les scribes et les grands prêtres, qui sont perplexes, comme les pharisiens, devant la manière dont Jésus se présente.

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  • Livre de Job 34

    Poursuivant son discours, Elihou souligne la grandeur de Dieu et reproche à Job de s’être révolté : « Car à sa faute il ajoute la révolte, il s’applaudit lui-même au milieu de nous, il multiplie ses discours contre Dieu ». S’il a le sentiment que Dieu ne lui répond pas, Job devrait s’interroger sur cette manière de demander des comptes à Dieu : « On ne dit pas : “Où est Dieu qui m’a fait, qui inspire des hymnes dans la nuit, qui nous instruit plus que les bêtes de la terre et nous rend plus sages que les oiseaux du ciel ?” Dès lors, on crie, et lui ne répond pas, à cause de l’orgueil des malfaisants. Assurément, ce qui est illusoire, Dieu ne l’écoute pas, le Puissant n’y prête pas attention ». Elihou veut étouffer la voix de Job, lui faire comprendre que la relation à Dieu est une politesse où il est interdit de dire sa souffrance.

    Il est alors si tentant d’accabler Dieu. L’épreuve est en réalité un chemin de purification : il n’appartient pas à l’homme de mettre Dieu en demeure, de comparaître en justice devant lui.

    Psaume 59

    Lorsque les ennemis guettent et que l’angoisse s’installe, le cœur se tourne vers le Seigneur comme refuge et forteresse. La prière devient chant de protection et de courage, et l’âme découvre que la fidélité divine éclaire même les nuits les plus sombres.

    Évangile de saint Luc 19, 1-27

    L’épisode de Zachée est un bel épisode de l’Évangile. Luc le raconte très bien avec un sens du détail : Zachée, un homme de petite taille, est juché sur une branche de sycomore pour voir passer Jésus, car la foule présente l’empêche de le voir. Et voilà que Jésus lève les yeux vers lui et l’invite à descendre car il veut dîner chez lui. On imagine la surprise de l’assistance, voyant Jésus s’inviter chez ce collecteur d’impôts, peut-être pas très honnête. Il est en tout cas différent de certains autres qui s’estiment justifiés par leurs propres œuvres. “Aujourd’hui cette maison a reçu le salut, parce que celui-là aussi est un fils d’Abraham”.

    Le thème du salut offert à tous est une des marques de l’évangile de Luc.

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  • Livre de Job 32-33

    Le procès fait à Job par ses trois amis n’ayant pas abouti, un quatrième personnage intervient : Elihou. Ce personnage énigmatique s’était jusque là tenu sur la réserve, car il était plus jeune que les trois amis de Job. Maintenant, il ne peut plus se contenir et laisse éclater sa colère considérant que Job, finalement, a prétendu avoir raison contre Dieu. Lui n’est pas un ami de Job, il ne va donc pas chercher à le consoler. Il n’hésite pas du tout à l’interpeller sur sa conduite. Il lui reproche, en particulier, de ne pas se demander quelle est la finalité de la souffrance dans le plan de la providence divine : « Tu as eu tort car Dieu dépasse l’homme… », dit-il. Ce que veut montrer Elihou c’est que Dieu emprunte divers chemins pour se faire connaître et que la souffrance est, peut-être, un de ces chemins.

    En d’autres termes, le malheur de Job pourrait avoir une fonction pédagogique : « Dieu sauve le pauvre par sa pauvreté, il l’instruit par sa souffrance ». Elihou invite Job à changer d’attitude et à entrer dans une nouvelle forme de compréhension et de sagesse.

    Psaume 58

    Au milieu de la violence et de l’injustice, l’âme appelle le Seigneur à juger avec droiture. La prière devient cri pour la vérité et pour le bien, affirmant que la justice divine surpasse toute puissance humaine. Dans cette confiance, l’orant se sent soutenu par la force et la fidélité de Dieu.

    Évangile de saint Luc 18

    À qui appartient donc le Royaume de Dieu ? En comparant le pharisien qui observe la Loi et le publicain qui se reconnaît pécheur, ou en donnant en exemple les enfants qui sont capables de confiance et d’abandon, Jésus laisse entendre que le Royaume est offert généreusement et gratuitement par Dieu lui-même, en dehors de tout calcul et sans vrai mérite de la part de celui qui en bénéficie. Cela ne va pas, néanmoins, sans exigences : le riche notable qui observe toute la Loi s’en va tout triste lorsque Jésus lui demande de distribuer ses biens aux pauvres.

    En revanche, l’aveugle de Jéricho, déjà dépouillé de tout, est guéri parce qu’il a mis toute sa confiance en Jésus qui passe sur son chemin : “Fils de David, aie pitié de moi”. C’est une supplication à laquelle nous pouvons nous joindre nous aussi, lorsque le poids de nos péchés nous accable et nous laisse découragés.

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  • Livre de Job 31

    Au comble de l’incompréhension mais non pas de la révolte, Job passe alors en revue sa vie passée : il n’a pas désiré la femme d’autrui, il a respecté les droits de ses serviteurs, il a eu le souci des faibles, il a placé sa confiance en Dieu et non pas dans l’or, n’a pas pris plaisir à l’infortune de son ennemi, a accordé l’hospitalité à l’étranger. « Oh ! qui fera que Dieu m’écoute ? », s’exclame-t-il. En refusant d’accuser Dieu, tout en estimant juste sa conduite, Job souligne l’écart entre lui et Dieu, en l’homme périssable qu’il est et l’être insondable, le Tout autre qu’est Dieu.

    Malgré les pressions subies de la part de ses prétendus amis pour s’en tenir à une morale de la rétribution, Job refuse d’accuser Dieu et de lui demander des comptes. Son expérience est un peu de l’ordre de ce que les grands mystiques appelleront la nuit de la foi, cette épreuve suprême décrite par Jean de la Croix, où une certaine confiance en la bonté de Dieu peut subsister alors qu’à vues humaines, tout est absurde.

    Job conclut : « Voilà mon dernier mot. Que le Puissant me réponde ! Que la partie adverse rédige son mémoire ! Je le porterai sur l’épaule, comme un diadème je le ceindrai. Je rendrai compte au Puissant du nombre de mes pas ; tel un prince, je m’avancerai vers lui ».

    Psaume 56

    Face aux dangers et aux inquiétudes, chaque battement du cœur se tourne vers le Seigneur. La prière devient bouclier et lumière, transformant la crainte en force et l’angoisse en espérance. Celui qui se confie à Dieu trouve protection et fidélité au fil des épreuves.

    Évangile de saint Luc 17

    Au cours du chapitre 17, nous voyons Jésus poursuivre sa route et son enseignement. Il enseigne à ses disciples le pardon mutuel : « Si ton frère a commis un péché, fais-lui de vifs reproches, et, s’il se repent, pardonne-lui. ». Voilà qui est nouveau pour les disciples. Désemparés, ils demandent à Jésus : « Augmente en nous la foi ». N’est-ce pas la prière qui devrait monter de notre cœur lorsque les préceptes évangéliques paraissent au-dessus de nos forces ?

    Par la parabole des dix lépreux, dont un seul vient remercier Jésus pour sa guérison, Jésus invite aussi à la gratitude pour tout ce que Dieu fait dans nos vies. Ce sont là autant de signes de la présence du Règne de Dieu, un Règne difficilement observable, si l’on n’a pas le cœur assez attentif aux merveilles que Dieu fait dans les cœurs.

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  • Livre de Job 30

    Job souffre non seulement d’être la risée de gens plus jeunes que lui, mais il souffre surtout du silence de Dieu et finalement de ne plus pouvoir accomplir le droit, maintenant qu’il est humilié : « Vers toi je crie, et tu ne réponds pas ; je me tiens devant toi, et tu me fixes du regard !... J’espérais le bonheur, et le malheur survient ; j’attendais la lumière, et vient l’obscurité ! » Si la souffrance de Job n’est pas le résultat d’une vie de péché, comment comprendre la justice divine ? Une des forces du Livre de Job est de mettre des mots sur une expérience humaine parfois indicible.

    La question du silence de Dieu, de son apparente absence dans nos épreuves, est un sentiment que toute personne souffrante a éprouvé un jour ou l’autre. Nous pouvons faire nôtre la plainte de Job à l’heure de la détresse.

    Psaume 55

    Dans la trahison et la peur, l’âme crie vers Dieu avec un mélange de détresse et de confiance. La prière devient un souffle de courage, un refuge où déposer la douleur des cœurs blessés. Même lorsque l’ennemi semble proche, le Seigneur soutient et relève celui qui s’abandonne à lui.

    Évangile de saint Luc 16

    L’évangile de Luc regorge d’histoires et de petites paraboles. Malgré leur diversité, des thèmes dominants sont repérables, par exemple dans le chapitre 16, le thème du danger ou de la bonne utilisation des richesses. La tradition de l’Israël ancien voit dans la richesse un des signes de la bénédiction de Dieu. Ici Jésus vient alerter sur le danger des richesses. L’accès facile à l’argent est un risque, comme le montre la parabole de l’intendant infidèle mais astucieux, tenté de profiter abusivement de la confiance qui lui est faite. La parabole du riche et de Lazare fait comprendre de manière encore plus forte combien l’argent trop abondant peut rendre insensible à la détresse des pauvres. « Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent », conclut Jésus de manière assez abrupte. Il n’est pas dit ici que l’argent doit être refusé ; Jésus reconnaît ailleurs la légitimité de l’impôt dû à l’empereur. Ce qui est en cause, c’est la préférence. En filigrane, on devine une invitation au partage des biens, dont Luc parlera abondamment dans les Actes des Apôtres en décrivant la communauté primitive des disciples.

    Cette nouvelle manière de vivre est celle qui peut préparer à la venue du Règne de Dieu, un règne déjà présent mais dont il nous faut deviner les signes avant-coureurs. Mais, auparavant, il faut que le Fils de l’homme « souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération ». Jésus est décidément déroutant.

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  • Livre de Job 29

    Las de discuter avec de prétendus experts capables d’expliquer les causes du malheur et de la souffrance, Job prend de la hauteur et médite sur sa vie passée et sa détresse présente. Il était un homme respecté devant qui les jeunes se retiraient ; en sa présence les vieillards arrêtaient de parler. Il parle avec nostalgie de ces jours où Dieu veillait sur lui, et où il était respecté en raison de la droiture de sa conduite : « j’étais les yeux de l’aveugle, les pieds des boiteux. C’était moi le père des pauvres ». Son action était marquée par la justice et le droit, deux grandes exigences bibliques, prescrites dès le Livre de la Genèse.

    Psaume 53

    Quand les hommes s’éloignent de la vérité et que l’injustice se répand, le cœur se tourne vers Dieu pour trouver lumière et fidélité. La prière devient un appel à la sagesse et à la droiture, rappelant que seul le Seigneur demeure le roc sûr au milieu du chaos humain.

    Évangile de saint Luc 15

    Le chapitre 15 propose trois paraboles de la miséricorde qui viennent équilibrer sans les remettre en cause les exigences annoncées à qui veut être disciple de Jésus. La première parabole est celle du berger qui laisse son troupeau bien portant pour aller chercheur la brebis perdue. « C’est ainsi, conclut Jésus, qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n’ont pas besoin de repentir ». Il donne la même conclusion à la parabole de la femme qui continue de balayer sa maison tant qu’elle n’a pas retrouvé sa drachme perdue. Mais c’est avec la troisième parabole, celle du fils prodigue, que le message de Jésus prend tout son sens. A vues humaines, ce fils ingrat qui a tout dilapidé ne mérite pas le pardon de son père, mais nous ne sommes plus ici dans une logique humaine. Le père de la parabole c’est, bien entendu, Dieu lui-même. Il montre son vrai visage, celui d’un Dieu d’amour qui aime au-delà du raisonnable, même celui qui l’a rejeté. Car le plus grave dans l’attitude du fils n’est pas d’avoir mené une vie dissolue, c’est d’avoir dit à son père : « Donne-moi ma part d’héritage », c’est-à-dire, « je n’ai plus rien à faire avec toi. » Cette scène du père qui attend son fils et se jette à son cou lorsqu’il l’aperçoit fit dire à Charles Péguy dans Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc : « On ne sait pas lequel des deux pleure le plus ».

    L’amour dont nous sommes aimés par Dieu, comme nous sommes, c’est-à-dire pécheurs, est au-delà de notre propre entendement. Et si nous osions y croire ?

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  • Livre de Job 28

    Pour le bibliste Roland de Pury, « Satan conteste la possibilité de la gratuité de l’amour et défie Dieu d’être parvenu à créer cet amour au cœur de l’homme ». Être aimé de Dieu par pure grâce et lui rendre cet amour de manière absolument gratuite : cette thématique que l’on retrouvera dans les épitres de saint Paul fait déjà son chemin dans le Livre de Job. Le chapitre 28 qui clôt cette section du Livre de Job offre une sorte de pause poétique après des pages de joute rhétorique entre Job et ses amis. Il fait un éloge de la sagesse, une sagesse apparemment inaccessible à l’homme et qui est pourtant une clef de vie : « La crainte du Seigneur, voilà la Sagesse, s’éloigner du mal, voilà l’Intelligence ».

    Psaume 50

    Dieu se révèle comme juge et maître de toute vie, invitant à une relation sincère et profonde. La prière devient confession et hommage, offrant un cœur pur et attentif. Dans cette rencontre, le croyant découvre que l’adoration véritable transforme et élève l’âme, éclairant le quotidien de justice et de miséricorde.

    Évangile de saint Luc 14

    Il est beaucoup question de repas dans le chapitre 14 : repas chez un chef des pharisiens, parabole du festin de noces où il faut savoir ne pas chercher la première place. Ces histoires de repas sont une manière d’annoncer le repas auquel sont attendus les invités dans le royaume de Dieu. Par petites touches, alors qu’il est sur le chemin de Jérusalem où il devra donner sa vie, Jésus enseigne à ceux qui veulent le suivre un chemin vers le bonheur qui commence paradoxalement par un oubli de soi. Mais l’objectif est néanmoins d’avoir part au festin du Royaume.

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  • Livre de Job 25-27

    L’étonnante aptitude de Job à garder la mesure dans ses réponses et à s’en remettre à la sagesse de Dieu n’ébranle pas ses amis, donneurs de conseils, qui insistent une dernière fois, reprenant des arguments de façon d’ailleurs assez répétitive. La critique littéraire du texte que proposent les exégètes souligne le caractère assez composite de ces chapitres 25 à 28, au contenu répétitif, mais l’insistance a au moins le mérite de mettre en évidence la dimension presque obsessionnelle des réactions humaines face au mal et à la souffrance. Nous peinons à sortir d’une morale de la rétribution : si je souffre, c’est que Dieu me punit ; si je réussis, c’est que je l’ai mérité devant Dieu.

    Psaume 42

    L’âme assoiffée de Dieu cherche sa présence comme une source vive. Dans le silence et la détresse, la prière devient un chant d’espérance et de fidélité. Le désir ardent de rencontrer le Seigneur illumine les ténèbres et renouvelle la force intérieure pour continuer le chemin.

    Évangile de saint Luc 13

    Cette confiance en Dieu, cet abandon à la Providence, cette liberté par rapport à la Loi dont fait preuve Jésus en guérissant un jour de sabbat tranchent avec une vision légaliste et conformiste de la religion. Jésus assume cela pleinement : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! ». Aussi sa parole et son attitude suscitent une hostilité grandissante, décrite dans cette section de l’Evangile de Luc, consacrée à la montée à Jérusalem. Jésus affirme ici sa vocation de prophète, appelé à mourir dans la Ville sainte, une ville qui tue les prophètes et lapide ceux qui lui sont envoyés.

    La parole de Jésus se fait rude quand il fustige ceux qui estiment être sauvés par l’observance formelle et annonce que, le jour du Jugement, « on viendra de l’Orient et de l’Occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu », alors même que beaucoup qui se croient justes seront jetés dehors. L’annonce d’un salut pour tous est une des caractéristiques de l’évangile de Luc.

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  • Livre de Job 23-24

    Au lieu de se défendre devant ces fausses accusations, Job élargit alors sa plainte en faisant une des plus belles descriptions de la misère du pauvre que l’on puisse trouver dans la Bible. Il nous donne ainsi une très belle leçon : le malheur innocent, la souffrance extrême conduisent souvent au repli sur soi mais peuvent aussi être une occasion de prendre davantage conscience du malheur d’autrui.

    Cette aptitude devient particulièrement précieuse à l’heure de la vieillesse, quand le corps se fait plus fragile et que les forces et l’élan vital nous quittent. Il arrive de rencontrer de ces personnes âgées, dépouillées du souci de soi, et qui sont tout attention aux autres. Elles vous diront : le réflexe de penser à autrui aide à ne pas se laisser envahir par la tristesse.

    Psaume 41

    Quand la maladie ou l’épreuve frappe, la prière monte comme un refuge vers Dieu. L’âme fatiguée y puise réconfort et force. Même dans la faiblesse, le Seigneur veille et soutient, transformant l’angoisse en confiance et le chagrin en espérance.

    Évangile de saint Luc 12, 35-59

    Par petites touches, Jésus enseigne à ses disciples un nouveau rapport à Dieu : ne plus être dans la crainte, mais être dans une attitude de service. « Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte ». N’y a-t-il pas là déjà une manière d’annoncer que le Royaume de Dieu sera une fête ? Pourtant, cette nouvelle manière d’être et de vivre va à l’encontre de l’esprit du monde.

    Vivre selon l’Évangile conduit à un certain affrontement avec les valeurs dominantes. D’où cette parole surprenante : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. ». Vivre selon l’Evangile n’est pas compatible avec beaucoup de manières d’être autour de nous.

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  • Livre de Job 22

    Un troisième cycle de dialogue entre Job et ses amis commence au chapitre 22 du Livre. L’insistance de ses interlocuteurs fait mieux comprendre à quel point l’homme droit peut parfois être injustement accusé : « Tu as omis de rafraîchir l’homme altéré et refusé le pain aux affamés, réduit à rien la terre du pauvre pour y installer son favori. Voilà pourquoi des filets t’enveloppent », lance Eliphaz de Teman à Job, l’invitant à revenir à Dieu en toute humilité.

    Psaume 40

    Le cœur attend le Seigneur avec patience et confiance, implorant sa délivrance dans les moments de détresse. Chaque cri devient action de grâce, chaque espoir renouvelé se tourne vers la fidélité de Dieu. Dans cette prière, le croyant découvre une lumière qui éclaire même les chemins les plus obscurs.

    Évangile de saint Luc 12, 1-34

    La confiance absolue en Dieu que Jésus veut transmettre à ses disciples contraste avec l’attachement des pharisiens à la Loi que Jésus dénonce : « Méfiez-vous du levain des pharisiens, c’est-à-dire de leur hypocrisie, dit-il. Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu ». La Loi est nécessaire, mais s’en tenir à une observance extérieure et formelle n’est pas le chemin proposé au disciple Jésus. Ne pas thésauriser, s’abandonner à la Providence, vendre ses biens et faire l’aumône, voilà quelques conseils donnés à ceux qui veulent suivre Jésus. Invitation à la confiance : « ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus ». Invitation aussi à la vigilance : Jésus y invite à travers cette parabole des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Cela ne doit pas nous mettre dans une attitude de crainte car Dieu nous attend dans son royaume pour une fête qu’il a préparée. Etre disciple ne signifie pas faire confiance de manière aveugle. Il s’agit au contraire d’apprendre à lire les signes des temps, à devenir peu à peu capable de reconnaître ce qui construit un avenir conforme au désir de Dieu sur nous et sur le monde.

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  • Livre de Job 21

    Job reprend la parole moins pour se justifier que pour dire combien la prospérité des méchants le scandalise : « Pourquoi les méchants demeurent-ils en vie, et même, en vieillissant, accroissent-ils leur fortune ? ». Non seulement, ils ne se conduisent pas de manière droite, mais ils vont jusqu’à défier Dieu : « “Écarte-toi de nous ; nous ne désirons pas connaître tes chemins ! Qu’est-ce que le Puissant pour que nous le servions ? Quel profit avons-nous à le supplier ?” ». Bien que cela le choque, « En fait, leur bonheur n’est pas dans leur main : je rejette ces pensées des méchants ! », dit Job, persuadé que la vie de tous les hommes, les bons et les méchants, est dans la main de Dieu.

    Psaume 38

    Accablé par le poids du péché et de la souffrance, l’âme élève un cri sincère vers Dieu. Les larmes deviennent témoignage de fragilité et de désir de pardon. Au creux de cette épreuve, la prière transforme la douleur en espérance et la honte en force, révélant la miséricorde toujours présente du Seigneur.

    Évangile de saint Luc 11

    L’évangile de Luc évoque fréquemment la prière de Jésus. Au chapitre 11, c’est aux disciples qui le suivent que Jésus veut apprendre à prier. Cela est d’autant plus important que ce chapitre parle à plusieurs reprises d’une hostilité qui grandit autour de Jésus et de ses disciples : hostilité d’un démon que Jésus expulse du corps d’un possédé, hostilité des pharisiens agacés par les libertés que prend Jésus par rapport à la Loi, perplexité de la foule qui demande des signes pour accepter de le suivre. Il y a un vrai combat entre le règne de Dieu et celui de Satan, et on ne peut rester neutre. D’où l’importance de la prière. Ce qui est remarquable c’est la place centrale donnée à Dieu dans la prière que Jésus enseigne à ses disciples. Avant de présenter des requêtes à Dieu, la prière du Notre Père nous fait dire : « Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne ». Avant de penser à la satisfaction de nos désirs ou de nos besoins, la véritable prière est que se réalise l’œuvre de salut de Dieu pour le monde. Cette centralité de la place accordée à Dieu dans la prière ne signifie pas que Dieu ne se soucie pas de nous, comme le montre la parabole de l’ami importun qui vient demander un pain en pleine nuit. Dieu a le souci de ses créatures et « quiconque demande reçoit ; quiconque cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira ».

    Ce décentrement est à opérer en permanence dans notre prière. Nous sommes dans la main de Dieu, il prend soin de nous. Il nous revient de nous soucier de Dieu, de lui faire une place dans nos cœurs et notre quotidien.

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  • Livre de Job 20

    Les chapitres 20 et 21 du Livre de Job nous offrent un dernier dialogue entre Job et Sophar de Naaman, un de ses « consolateurs importuns ». Celui-ci lui redit à nouveau sa conviction que le malheur de l’homme est le lot que Dieu réserve au méchant. A ses yeux, qu’il soit conscient ou non de sa faute, Job mérite donc son châtiment. Cette insistance peut sembler excessive. En réalité, elle nous aide à débusquer une image perverse de Dieu enfouie au fond de notre inconscient. « Qu’ai-je donc fait au Bon Dieu pour mériter cette épreuve », entend-on souvent. Dans sa réponse, Job va ainsi au-delà d’une réflexion sur son propre malheur : le vrai scandale, pour lui, c’est la prospérité des méchants. Pourquoi les méchants restent-ils en vie, alors même qu’ils maudissent Dieu ?

    Qui de nous n’est pas habité par cette question, lorsqu’il est témoin de l’injustifiable comme le montre aujourd’hui encore la mort de milliers d’enfants au Soudan ou à Gaza. Job n’accuse pas Dieu, mais revendique le droit de porter cette interrogation. Nous pouvons le faire aussi en solidarité avec les souffrances du monde.

    Psaume 37

    Dans le tumulte des injustices, le cœur se tourne vers le Seigneur avec patience et confiance. Même lorsque les méchants semblent prospérer, celui qui s’abandonne à Dieu trouve repos et sécurité. La prière devient un guide intérieur, un souffle de paix qui rappelle que la justice et la fidélité du Seigneur ne faiblissent jamais.

    Évangile de saint Luc 9, 51 - 10, 42

    La fin du chapitre 9 et le chapitre 10 ouvrent une série de dix chapitres de l’évangile de Luc, chapitres qui relatent quelques guérisons, mais sont principalement constitués d’enseignements donnés par Jésus. Ces enseignements ébauchent une sorte de charte pour qui veut être disciple de Jésus. Ecoutons plutôt : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu » ; « Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous » ; « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »

    Être porteur de la paix dans un monde hostile ; suivre Jésus dans la confiance avec comme seul soutien l’assurance de sa présence à nos côtés : voilà la mission et la feuille de route des disciples.

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  • Livre de Job 18-19

    Job a beau revendiquer le droit de se plaindre, son ami Bildad de Shouah lui redit que sa colère ne sert à rien. Une des dimensions dramatiques de l’expérience humaine du malheur est cette impression de ne pas être compris. Apparemment abandonné de Dieu, Job se sent aussi abandonné par ses amis.

    Nous savons d’expérience personnelle que trop de souffrance, trop d’angoisse éloigne des autres, les fait fuir et parfois nous fait fuir loin des autres : il ne reste que Dieu. Dans cette figure de Job, mécompris par ses propres amis, comment ne pas voir déjà le visage de Jésus, abandonné par les siens ? La Passion de Jésus est à relire en assumant le tragique de l’histoire humaine, car c’est là que Dieu se fait proche de chacun jusque dans la détresse et dans la mort.

    Psaume 34, 17-28

    Quand l’angoisse serre et que les ennemis se multiplient, le cri monte vers le Seigneur avec force et espérance. La prière devient soutien et courage, et l’âme se confie à la fidélité et à la protection de Dieu, qui entend et relève ceux qui l’invoquent dans leurs combats.

    Évangile de saint Luc 9, 1-50

    Ayant montré le chemin du Règne de Dieu à ses disciples, Jésus choisit de les associer à sa mission et « leur donne puissance et autorité sur tous les démons avec le pouvoir de guérir les malades ». Il les invite à faire confiance en la Providence et à ne pas s’encombrer de biens inutiles. Ils partent donc de village en village et font de nombreuses guérisons. Cela attire les foules, surtout des pauvres qu’il faut nourrir. « Donnez-leur vous-mêmes à manger », enjoint Jésus à ses disciples, tentés de les renvoyer. C’est l’épisode de la première multiplication des pains, miracle du partage, préfiguration de la dernière Cène. Tous ces miracles rendent perplexe sur l’identité de Jésus : est-il Jean Baptiste, que Hérode a fait décapiter, est-il Elie, se demande-t-on ? Les disciples partagent cette perplexité et ne le cachent pas lorsque Jésus les interroge. Seul Pierre confesse avec netteté qu’il est le Messie de Dieu.

    Craignant une notoriété qui nuirait à sa mission et ferait se méprendre sur son identité,Jésus annonce alors à ses disciples que son chemin doit passer par la Passion et par la mort. Celui qui veut le suivre doit aussi être prêt à se renier lui-même et à porter sa croix chaque jour. Les disciples attendent un Messie glorieux, mais la gloire du Christ doit passer par la croix. L’épisode de la Transfiguration permet alors à Pierre, Jean et Jacques d’avoir un avant-goût du Christ glorieux qu’ils rencontreront après sa Résurrection. Néanmoins, nous dit plus loin le texte, le sens de cette parole restait voilé aux yeux des disciples. Aussi, Jésus insiste et annonce une deuxième fois sa Passion : « Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ».

    Nous aussi, qui voulons être disciples de Jésus, il nous faut du temps pour comprendre que le chemin du vrai bonheur passe par l’oubli de soi.

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  • Livre de Job 16-17

    Job tient bon : ce n’est pas parce qu’il a péché qu’il souffre. Le drame est qu’il n’y a pas d’explication à sa souffrance. Aussi, quand il parle, on croirait entendre le Christ dans sa Passion. Job revendique le droit de ne pas se résigner. Commentant ces pages, le philosophe Kierkegaard écrit dans un de ses livres : « Parle donc, ô Job ! Répète toutes tes paroles, avocat puissant qui paraît devant le tribunal du Très Haut avec l’intrépidité d’un lion rugissant ! … J’ai besoin de toi, j’ai besoin d’un homme qui sache se plaindre à pleine voix… Plains toi, l’Eternel ne craint pas, il peut bien se défendre. Mais comment le pourrait-il quand personne n’ose se plaindre comme il sied à un homme ? … Ô mon bienfaiteur à jamais inoubliable, Job dans les tourments ! Puis-je me joindre à ta compagnie ? » (La Répétition)

    Job met des mots sur nos détresses. Osons les répéter après lui, aux heures sombres de nos vies : « Où donc est mon espoir ? Mon espérance, qui l’entrevoit ? Elle descendra jusqu’au fond du séjour des morts, quand ensemble nous enfoncerons dans la poussière ».

    Psaume 34, 1-16

    L’âme exulte et chante la bonté de Dieu même au milieu des épreuves. Chaque cri et chaque louange deviennent offrande de confiance et de gratitude. La présence divine éclaire les pas fragiles et soutient ceux qui cherchent refuge et consolation auprès du Seigneur.

    Évangile de saint Luc 8

    Le chapitre 8 nous montre Jésus parcourant les routes avec ses disciples, « prêchant et annonçant la Bonne nouvelle du règne de Dieu ». Nouvelle surprise : on découvre qu’il y a dans son entourage « des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais ». Encore une réalité choquante pour un juif religieux, très soucieux des règles de la pureté rituelle qui interdisait de fréquenter certaines personnes. Or, les femmes vont être présentes tout au long du ministère de Jésus et seront les dernières à rester au pied de la croix.

    Cheminant à travers villes et villages, Jésus parle en parabole : celle d’un semeur qui sème avec générosité, quel que soit le terrain – c’est bien ce que fait Jésus ; celle de la tempête apaisée qui invite les disciples à avoir confiance, au-delà du raisonnable. Et il multiplie les miracles guérissant le démoniaque de Gérasa, un homme possédé par une telle violence qu’il parvenait à briser les chaînes dont on l’entravait, puis une femme qui avait des pertes de sang et la fille de Jaïre, le chef de la synagogue. Ce faisant, Jésus élargit le cercle de ceux et celles à qui il estime être envoyé et il le souligne quand il dit devant sa mère et ses propres frères venus lui rendre visite : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. » Peu à peu, la famille de Jésus va être constituée par ses disciples, ceux et celles qui ont foi en lui. Les miracles ne sont pour Jésus qu’un prétexte pour susciter la foi.

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