Afleveringen
-
Au cĆur de la ville de Saint-Denis, jouxtant la basilique cathĂ©drale, un grand portail accueille les filles, petites-filles et arriĂšres petites-filles des dĂ©corĂ©s de la LĂ©gion dâhonneur, câest « la maison dâĂ©ducation », internat non-mixte et dâexception. Câest aussi le dĂ©cor du roman de Lucile Novat, Voir venir (Ă©ditions du Sous-sol), celui dâune lente gestation, Ă lâabri des regards. Sait-on seulement si elles sont protĂ©gĂ©es ou captives, ces jeunes filles ? Lucile Novat nous fait dĂ©couvrir lâenvers du mythe de lâexception rĂ©publicaine et nous emmĂšne de lâautre cĂŽtĂ© de la façade proprette de lâĂ©tablissement.
Ouvrir cette porte, se plonger dans ce huis clos pesant, câest voir que cette prestigieuse mĂ©daille, tachĂ©e dâun sang quâon ne pourra effacer, sonne comme une malĂ©diction. Elle hante les familles et les discrets fantĂŽmes poursuivent Yas, Lou, Suzanne, AdĂšle, et Vanessa, dans un monde aux apparences soignĂ©es. Le mythe sâavĂšre viciĂ©, Ă jamais maudit des coeurs Ă©clatĂ©s, des corps suppliciĂ©s sur lesquels il a fallu marcher pour se construire.
Et Lucille Novat de nous mettre en garde : il faut davantage sâinquiĂ©ter dâune classe qui se tient sage, que dâune Ă©meute.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Quelle est la doctrine de guerre de Trump ? En a-t-il dâailleurs une ? Peut-on la comprendre Ă partir de celle de lâadministration Bush ? Voire mĂȘme Ă partir du Vom Kriege (De la guerre) de Carl von Clausewitz, le livre qui a structurĂ© la pensĂ©e de la guerre rĂ©volutionnaire marxiste autant que celle des Ă©tats-majors de la bourgeoisie occidentale ? Les guerres sont-elles toujours subordonnĂ©es Ă une politique ? Mais si câest le cas, nây a-t-il pas autant de guerres que de maniĂšres de faire de la politique ? Pour rĂ©pondre Ă ces questions, nous recevons Catherine Hass Ă propos de son livre Aujourdâhui la guerre, paru en 2019, dont la finesse des analyses a pris toute sa pertinence ces derniers temps entre le gĂ©nocide Ă Gaza, les dĂ©vastations du Soudan, les opĂ©rations de pure prĂ©dation et le retour des guerres de haute intensitĂ© entre superpuissances de lâUkraine Ă lâIran.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Zijn er afleveringen die ontbreken?
-
En France, 20% de la population présentent un trouble psychique et plus de 8 millions de personnes sont prises en charge pour une maladie psychiatrique ou un traitement chronique par psychotropes. Notre effondrement intérieur est massif, documenté, administré mais toujours désemparé.
Avec Une vie de fĂȘlĂ©, heurs et malheur d'un patient ordinaire Jonathan Boismard, diagnostiquĂ© bipolaire, nous plonge dans le quotidien lĂ©thargique et violent dâun patient ordinaire en dĂ©saffiliation psychique dâavec lâordre des choses. Le rĂ©cit explosif et Ă©clatĂ© dâune vie cernĂ©e par la psychiatrie, les molĂ©cules et les injonctions Ă ĂȘtre â Ă peu prĂšs â fonctionnel.Une lettre Ă sa premiĂšre psychiatre, une dĂ©claration dâamour contrariĂ© Ă ses pilules, des murs et des lits qui appellent Ă se rĂ©volter contre lâinstitution, la plaidoirie dâune maladie face au tribunal de la normalitĂ©, Ă travers ses douze chapitres, Une vie de fĂȘlĂ© dresse le paysage dĂ©vastĂ© dâun moi en crise avec et contre le monde qui lâenserre, le rabote et tente de le calibrer. Câest un reportage embarquĂ© dans les centres mĂ©dico-psychologiques autant quâune enquĂȘte sociologique depuis la cellule dâun HP, un manifeste littĂ©raire contre le mensonge normalisĂ© autant quâun appel Ă lutter jusquâau plus profond de la psychĂ©.
LâĂ©criture est hybride mais polarisĂ©e, parfois maniaque jamais dĂ©sespĂ©rĂ©e, souvent violente mais toujours drĂŽle. Si lâauteur connaĂźt parfaitement la littĂ©rature antipsychiatrique, il ne parle jamais de ce surplomb-lĂ mais toujours depuis le ras du rĂ©el et de lâexpĂ©rience. Parce que la ligne de front traverse les connexions synaptiques autant que la sociĂ©tĂ© dans sa totalitĂ©, il nây a pas dâidĂ©ologie qui vaille, il sâagit seulement de survivre et de lutter, le reste en dĂ©coule.
Disponible dans toutes les bonnes librairies vendredi 29 mai et en vente en ligne sur lundimatin ici : https://www.lundi.am/livresVous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Avec Sous un ciel Ă©toilĂ©, une nuit dâĂ©tĂ©, Maria Kakogianni propose de dĂ©poussiĂ©rer lâidĂ©e que nous nous faisons de la rĂ©volution et de lâanarchie.
« La nuit, nous nâapercevons plus les Ă©toiles.
Ă partir dâun constat simple et terrible, nous nâapercevons presque plus Ă©toiles, elle dĂ©duit une mĂ©taphore sur le monde, nous vivons dans une Ă©poque dĂ©s-astrĂ©e.
Au fil du livre, on croise Catherine Malabou et Margaret Thatcher, Emmanuel Kant et Auguste Blanqui, Vincent BollorĂ© et le ComitĂ© Invisible. On y discute du fascisme ordinaire, de jouissances pirates, de Platon et mĂȘme de Tai-chi. En son centre, la nĂ©cessitĂ© dâinventer une anarchie positive et rĂ©guliĂšre, les pieds sur terre et la tĂȘte dans les astres.
Ce nâest pas une mĂ©taphore, plutĂŽt un signe.
Celui de notre propre dés-astre.
Sous le ciel, tout est fatalité collective et liberté conditionnée.
La violence ordinaire et ses douleurs chroniques, lâhumiliation.
Nos corps se retournent contre eux-mĂȘmes.
Justice nulle part, maladies auto-immunes partout.
Lâavenir a de la fiĂšvre. Et pourtant.
Au sein de lâobscuritĂ©, la lumiĂšre tremble comme un Ă©clat de rire.
La joie comme idée neuve.
Lâanarchie comme expĂ©rience.
La révolution comme relance.
Au bord des mondes plutĂŽt quâĂ la fin du monde.
Nous est encore lĂ . »Pour vous procurer le livre, câest par ici : lundi.am/livres
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Taf, Ă la recherche du prolĂ©tariat perdu de Paul Martel, c'est le dernier livre qui vient de paraĂźtre aux Ă©ditions lundimatin. Imaginez la littĂ©rature prolĂ©tarienne dâun Joseph Ponthus mĂ©langĂ©e Ă lâhumour caustique de Fabcaro ou bien le travail dâenquĂȘte de LâĂ©tabli de Linhart rebootĂ© en roman dâaventure autobiographique dans le monde des prestataires du bĂ©ton ou des dĂ©filĂ©s de mode absurdes. Taf câest donc Ă la fois une enquĂȘte, un pamphlet, un roman, un manifeste et un manuel de survie dans lâunivers impitoyable du BTP. Un livre quâaurait pu Ă©crire Debord sâil nâavait pas Ă©tĂ© rentier. Comme il mĂ©rite de se vendre par palettes, on a fait une petite prĂ©sentation histoire d'en expliquer les sous-bassement thĂ©oriques et stratĂ©giques : refaire du prolĂ©tariat une menace (quitte Ă redĂ©finir ce que l'on entend par prolĂ©tariat).
Il nây a pas que les bourgeois qui Ă©chappent au travail, certains prolĂ©taires en ont mĂȘme fait une devise « Ne travaillez jamais ! » et câest une toute autre aventure. Mais que se passe-t-il lorsquâaprĂšs des annĂ©es Ă fuir lâexploitation par la marge et la dĂ©brouille, on se retrouve contraint de retourner taffer ? ChĂŽmeur Ă ses heures, ouvrier dĂšs quâil ne le peut plus, Paul Martel a enquĂȘtĂ©.
Comment survivre dans un monde oĂč lâon doit perdre sa vie Ă la gagner ? Le prolĂ©tariat nâest-il plus quâun mythe ou encore une menace ? Quelles lĂ©gendes nous faut-il raviver ou inventer pour toujours vivre et lutter ?
Taf est le journal quotidien dâun manĆuvre irrĂ©gulier, un recueil dâastuces pour rĂ©sister Ă lâaliĂ©nation, un manuel de dĂ©sertion ouvriĂšre.Paul Martel est nĂ©e en 1993. AprĂšs avoir mĂ©thodiquement dĂ©sertĂ© lâĂ©cole puis le salariat, il a menĂ© une carriĂšre de semi-dĂ©linquant avant de se reconvertir dans le BTP et la littĂ©rature. Auteur de trĂšs nombreux et remarquĂ©s articles lundimatin, TAF, Ă la recherche du prolĂ©tariat perdu est le premier volet dâune prometteuse autobiographie.
Disponible dans toutes les bonnes librairies jeudi 7 mai et en vente en ligne sur lundimatin ici : www.lundi.am/livres
Vous pouvez en lire la premiÚre et excellente recension du livre par Stéphane Bérard dans Sitaudis.
Quelques articles de Paul Martel parus dans lundimatin.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
« Si câest gratuit, câest que vous ĂȘtes le produit ! » et si cette fameuse sentence consacrĂ©e aux rĂ©seaux sociaux et aux GAFAM pouvait sâappliquer Ă notre chĂšre Ă©ducation nationale ? Câest en tous cas lâhypothĂšse explorĂ©e par le philosophe Vincent Legeay qui sâest plongĂ© dans la genĂšse de lâĂ©cole laĂŻque et gratuite française au tournant du XIXe et du XIXe siĂšcle.
Ce que lâon dĂ©couvre en lisant son livre, câest que lâinstauration de lâĂ©cole gratuite en 1881 nâĂ©tait pas que le fruit de la charitĂ© et de la philanthropie de ce grand homme que fut Jules Ferry mais bien la mise en Ćuvre dâun dispositif de pouvoir et de gouvernement qui se doit de conscrire et donc produire une population. Regrouper, calibrer, tracer, trier les enfants quâil sâagira par la suite de mettre Ă disposition du marchĂ© du travail et donc du capitalisme. Une Ă©ducation gratuite qui est aussi un investissement dans lâavenir, pour les familles comme pour les patrons. Mais Vincent Legeay ne se contente pas de raconter cette contre-histoire peu flatteuse, il propose aussi de dĂ©crypter les mĂ©canismes par lesquels cette grande Ćuvre de façonnage et de sĂ©lection de la population sâest mise en place et a pu perdurer ; le recours arbitraire Ă un outil mathĂ©matique tel que la moyenne par exemple, qui nous semble tellement aller de soi aujourdâhui que plus personne ne sâinterroge sur ce qui diffĂ©rencie rĂ©ellement lâĂ©lĂšve refoulĂ© Ă 9,5 de celui admis Ă 10. Comme câest aussi un livre de philosophie, le tour de force de lâouvrage consiste Ă appeler Spinoza Ă la rescousse pour dĂ©montrer que ce que produit lâĂ©cole comme nous la connaissons, câest la rĂ©duction de lâexistence et de ses possibles. Soit lâinverse exacte de lâaptitude, câest-Ă -dire la disposition Ă ĂȘtre affectĂ© par le plus grand nombre de choses, dâĂȘtres et de situations possibles, qui est la condition de la joie et de lâintelligence collective (nous rĂ©sumons trĂšs mal, voir la masterclass de Vincent Legay Ă 37:32). La critique faite, reste Ă explorer les diffĂ©rentes expĂ©rimentations alternatives qui ont accompagnĂ© le mouvement rĂ©volutionnaire : lâĂ©ducation intĂ©grale, les conseils dâĂ©lĂšves et toutes les tentatives dĂ©mocratiques et anarchistes qui refusent tout principe supĂ©rieur et a priori quant Ă la maniĂšre dont les enfants devraient sâĂ©duquer.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
A quoi rient les fascistes ? Comment rigolent-ils ? Câest ce que propose de documenter Denis Saint-Amand dans un petit livre Contrer le rire fasciste, trolling et rĂ©sistance.
Le rire permet de mettre Ă distance, dâallĂ©ger suffisamment le poids de ce qui opprime pour dĂ©gager lâespace et lâĂ©nergie dâagir. Mais il permet aussi dâexempter et dâexonĂ©rer la violence autant que la bĂȘtise, celle du pouvoir et de ceux qui prennent son parti comme son relai. Denis Saint-Amand est spĂ©cialiste des poĂ©tiques de la parodie et de la satire, il Ă©tudie les mĂ©canismes rhĂ©toriques et les logiques des ces nouvelles formes de gloussements fascistes qui se rĂ©pandent notamment sur les rĂ©seaux sociaux. Autant dâexemples qui appellent et inspirent les contre opĂ©rations nĂ©cessaires, autant que de joyeusetĂ©s pour les rĂ©voltes Ă venir. Du, « Le pouvoir est aveugle, ça crĂšve les yeux » des Gilets jaunes sur les abords des Champs-ĂlysĂ©es dĂ©vastĂ©e, Ă la raillerie trollesques de « Npc » (« non playable character » ) qui dĂ©shumanisent lâautre, un tour dâhorizon de ce lâhumour fait et dĂ©fait.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Si les effets de la concentration des maison dâĂ©dition sont largement connus et sâintensifient de jours en jours, il existe un village Ă©ditorial qui rĂ©siste encore et toujours aux logiques envahissantes des gros groupes : la bande dessinĂ©eâŠ
Enfin, câest ce quâon aimerait pouvoir imaginer, dâirrĂ©ductibles bulleurs, des petits mickeys anticapitalistes repoussant avec force les assauts des grands patrons. Mais la rĂ©alitĂ© est bien moins rĂ©jouissante, et le monde du 9e art est lui aussi mis en danger par la concentration des maisons dâĂ©ditions.
RescapĂ©s de lâĂ©dition industrielle de bande dessinĂ©e, Floriane et Quentin ont montĂ© Courts Bouillon, une association qui cherche Ă commenter lâactualitĂ© de lâart sĂ©quentiel et encourager la crĂ©ation en dehors des contraintes concurrentielles.
Lors de cet entretien, nous allons refaire un tour dâhorizon de la concentration des maisons dâĂ©ditions en passant par lâĂ©dition sans Ă©diteur et le contrĂŽle de la parole, avant de sâattarder sur quelques cas prĂ©cis tels que lâavenir dâAstĂ©rix, aujourdâhui entre les mains de BollorĂ© et les consĂ©quences directes de la concentration des maisons sur la prĂ©carisation des auteurs et autrices de BD.
Enfin, Floriane et Quentin prĂ©senteront leur initiative, quâils cherchent actuellement Ă concrĂ©tiser avec leur projet de revue La lutte des cases, actuellement en financement participatif : leur UluleVous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
EugĂ©nie MĂ©rieau est professeure de droit constitutionnel et politologue, elle a notamment Ă©crit La dictature, une antithĂšse de la dĂ©mocratie ? et GĂ©opolitique de lâEtat dâexception : les mondialisations de lâĂ©tat dâurgence (Ă©ditions le Cavalier Bleu). Elle chante aussi LâĂtrangĂšre dont le premier album, Je vous Ă©cris en cours de chute, sortira cet Ă©tĂ©. Nous lui avons proposĂ© de venir jouer quelques morceaux dans nos bureaux.
Il neige du phosphore blanc
(Le Caire, 2024)Depuis octobre 2023, IsraĂ«l utilise des bombes au phosphore blanc causant dâatroces souffrances sur des zones agricoles, industrielles et rĂ©sidentielles Ă Gaza et au Sud Liban. Le nombre de victimes nâest Ă ce jour pas connu. Citation anonyme attribuĂ©e Ă un-e gazaoui-e : « Le monde pense que Gaza est occupĂ© par IsraĂ«l. La vĂ©ritĂ© câest que le monde est occupĂ© par IsraĂ«l Ă lâexception de Gaza ».
Inspirations et fragments :
La zone de dĂ©sintĂ©rĂȘt, Ladislas (publiĂ© dans lundimatin)
La Terre nous est étroite, Mahmoud Darwich
Chanson dans le sang, Jacques PrévertLa mort viendra et elle aura tes yeux
(Paris, 2025)Seconde Guerre Mondiale : Duras, Char, Pavese, Aragon, PrĂ©vert, et HĂŽ Chi Minh : communistes, anticolonialistes, antifascistes et rĂ©sistant-es pour qui au milieu de la guerre, la lutte politique est poĂ©sie, surgissement de lâamour, de la passion et du dĂ©sir. Jacques PrĂ©vert Ă©crit « Il y a sur cette terre des gens qui sâentretuent ; câest pas gai, je sais ; il y a aussi des gens qui sâentrevivent : jâirai les rejoindre ».
Inspirations et fragments :
La mort viendra et elle aura tes yeux, Cesare Pavese
La maladie de la mort, Marguerite Duras
Feuillets dâHypnos, RenĂ© Char
Prose du bonheur et dâElsa, Louis Aragon
La lune et le poĂšte, HĂŽ Chi Minh
La vie nâa pas dâĂąge, Jacques PrĂ©vertMort dâune putain
(GenÚve, 2005)Années 70 : Grisélidis Réal, poétesse suisse et prostituée, milite à Paris : « La prostitution est un acte révolutionnaire ».
Inspiration et fragments :
Cette chanson est une adaptation libre dâun texte de GrisĂ©lidis RĂ©al, Mort dâune putain, Ă©crit quelques semaines avant sa mort, avec des ajouts issus de Cantique de lâespoir, toujours de GrisĂ©lidis RĂ©al.Elle sâappelait Lou
(Bangkok, 2024)En 2025, lâassociation Nous Toutes dĂ©nombre 165 fĂ©minicides en France. Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e 2026, 36 femmes sont mortes assassinĂ©es par leur conjoint ou ex-conjoint. Andrea Dworkin Ă©crit « Les femmes nâont que deux choix : mentir ou mourir. »
Inspirations et fragments :
Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas, Andrea Dworkin
Les guérillÚres, Monique Wittig
Si rien ne bouge, Bertrand Cantat-Noir Désir
Liste des prĂ©noms des femmes mortes par fĂ©minicide en 2023, par lâassociation Nous Toutes.Le chant des ouvriers
(Lyon, 1846)En 1848, on se rĂ©volte contre la journĂ©e de travail de 12 heures voire plus et les accidents mortels du travail dans les usines les mines et les chantiers. Aujourdâhui, le bĂątiment demeure le premier lieu de mortalitĂ© en matiĂšre dâaccidents du travail : 243 personnes sont mortes sur les chantiers en 2025, 55 depuis 2026. Thierry Metz, dans Journal dâun Manoeuvre : « Mes premiers gestes ici : creuser la terre. Ouvrir une fosse. Et disparaĂźtre. Quotidien du manĆuvre ».
Inspirations et fragments :
Cette chanson est une adaptation libre et mise en musique dâun texte chantĂ© de Pierre Dupont, Ă©crit en 1846, devenu hymne rĂ©volutionnaire en 1848.BientĂŽt la fin d
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Une lĂ©gende voudrait quâĂ chaque parution dâun nouveau livre critique du capitalisme, un grand patron fasse un AVC. Force est de constater que ce nâest pas le cas et que malgrĂ© les millions kilomĂštres de papier sur lesquelles sâĂ©talent les analyses les plus fines des contradictions les plus obscures du capital, les capitalistes nâont jamais Ă©tĂ© en si bonne forme. Et si depuis tout ce temps, nous avions pris le problĂšme Ă lâenvers ? Mondes postcapitalistes propose en tous cas de rouvrir la question rĂ©volutionnaire depuis ses fins et leurs moyens Ă travers plus de 70 chapitres qui sont autant dâentrĂ©es : monnaie, Ătat, nuclĂ©aire, amour, climat, santĂ©, conflits, Ă©chelles, transports, rĂȘves, zoonoses, etc. On arpente, non pas des utopies sirupeuses et rĂ©confortantes, mais des pistes plus ou moins escarpĂ©es ou aventureuses vers ce que pourrait ĂȘtre un monde par-delĂ le capitalisme.
ForcĂ©ment, il sâagit de sortir de lâĂ©conomie et Ă©videmment de dĂ©crocher de lâĂtat mais cela Ă partir dâune attention mĂ©ticuleuse Ă tout ce dont nous avons Ă©tĂ© dĂ©possĂ©dĂ©s et quâil va bien falloir se rĂ©approprier, dĂ©tourner, dĂ©manteler ou saccager ; des gros trucs qui dĂ©truisent la planĂšte autant que des rĂ©flexes infimes qui pourrissent la vie. Ă travers 900 pages et grĂące Ă 80 contributeurs et contributrices, on ouvre des portes et on tente dâadĂ©quatement dĂ©plier les problĂšmes que lâon trouve derriĂšre. Inutile dâen attendre des remĂšdes ou des solutions, les idĂ©ologues et leurs fidĂšles se rĂ©conforteront ailleurs, câest un travail dâenquĂȘte et toutes les directions pointĂ©es restent Ă expĂ©rimenter, contester, affiner. Câest un ouvrage majeur et potentiellement dĂ©terminant pour la suite, câest dâailleurs pour cette raison quâil apparaĂźtra parfaitement anachronique aux plus rĂ©signĂ©s.
Lâentretien ayant essentiellement portĂ© sur la dĂ©marche, son cadrage et sa visĂ©e, nous publions en bonus dans lâĂ©dition de cette semaine, lâun des chapitres du livre : Animaux rĂ©digĂ© par Pierre-Olivier Dittmar. Cela permettra aux lecteurs et lectrices dâimaginer non seulement les menus que proposeront les cantines aprĂšs la rĂ©volution mais aussi la maniĂšre dont Mondes capitalistes a Ă©tĂ© pensĂ© et composĂ©.Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Dans lundimatin, on Ă©crit et on parle trop. Parfois il y a un peu de dessin ou de peinture voir des bribes de cinĂ©ma, de la musique par contre, il nây en a jamais assez. Alors quand nous avons croisĂ© Laura Perrudin et sa harpe, nous lâavons immĂ©diatement invitĂ©e et ça a donnĂ© cet entretien musical qui dit certainement plus, en tous cas largement tout autant, que beaucoup de nos mots. Et sans doute que certaines vibrations et mĂ©lodies dĂ©ploient des dimensions de lâexistence heureusement plus Ă©paisses que ce que lâon appelle platement politique. Un petit extrait est disponible en attendant et en cliquant sur la vignette.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Lorsquâil avait 14 ans, Ritchy Thibault est allĂ© sur un rond-point, il est devenu lâune des figures du mouvement des Gilets jaunes. Depuis, il a Ă©tĂ© assistant parlementaire jusquâĂ se faire bannir de lâassemblĂ©e nationale et congĂ©dier par son employeur, passĂ© un nombre incalculable dâheures en cellules de garde Ă vue, fondĂ© le PEPS , propagĂ© pas mal de Zbeul, animĂ© des Ă©missions sur le web, Ă©crit des articles ainsi que trois livres, et se prĂ©pare Ă affronter dans la joie et la bonne humeur trois procĂšs au tribunal judiciaire de Paris qui lâopposent Ă la crĂšme de ceux qui nous gouvernent (le prĂ©sident lui-mĂȘme, Ă©videmment mais aussi Bruno Retailleau ou encore Laurent Nunez). Pour comprendre dâoĂč lui vient une telle Ă©nergie et pourquoi elle ne se dĂ©part par de beaucoup dâhumour, il faut livre son dernier livre :
Voleurs de poules, combattre lâantitsiganisme (Libertalia). Cette irrĂ©ductibilitĂ© au pouvoir autant que cette disposition au coup dâĂ©clat, on ne peut la comprendre quâĂ partir du rĂ©cit historique et Ă©thique quâil fait de lâantitsiganisme et de la guerre livrĂ©e depuis toujours par lâĂtat contres les populations Roms, Sinti, Manouches, Gitans, YĂ©niches et Voyageurs. Des formes de vie, quâil a toujours fallu surveiller, contrĂŽler, rĂ©duire et mĂȘme Ă©radiquer tant elles incarnent ce petit caillou dans la chaussure dâune civilisation qui ne peut tolĂ©rer quâelle-mĂȘme. Cette interview est aussi longue quâelle est intelligente et drĂŽle ; pour sây repĂ©rer, nous lâavons accompagnĂ©e dâun chapitrage qui servira tout autant de sommaire. On y parle de lâantitsiganisme et de son histoire Ă©videmment, mais depuis lĂ dĂ©coule tout le reste, jusquâaux stratĂ©gies nĂ©cessaires et adĂ©quats pour lutter contre lâĂtat et le pouvoir sans jamais en accepter les mĂ©thodes, les schĂ©mas et les armes. Au reste, il sâagit certainement de lâunique occasion que vous aurez de sauver une poule en achetant un livre.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Dans son dernier livre, La violence en spectacle (La Fabrique), Elsa Deck Marsault reprend le chantier entamĂ© dans le prĂ©cĂ©dent (Faire justice), en lâoccurrence, tenter de comprendre comment la question du fĂ©minisme se noue avec celle de la justice. Il y a Ă©videmment toute une pensĂ©e libĂ©rale qui se fait beaucoup de souci pour tous ces pauvres hommes qui pourraient se retrouver injustement mis Ă lâamende publiquement et sans que leurs soient octroyĂ©es les garanties du droit bourgeois. Mais ce nâest pas du tout de cela dont il est question ici.
Ce quâĂ©tudie Elsa Deck Marsault, câest la maniĂšre dont le mouvement fĂ©ministe sâest historiquement rapportĂ© au droit et Ă lâĂtat, ou plutĂŽt comment un certain fĂ©minisme dominant a Ă©vacuĂ© tout critique de la justice jusquâĂ sâen remettre Ă lâĂtat punitif. Pour cela, lâautrice questionne la construction mĂȘme de la figure de la victime dans toutes ses ambivalences, Ă commencer par celle qui consiste Ă devoir renier toute forme de puissance politique. Ă la promesse de sĂ©curitĂ© quâelle considĂšre autant comme une illusion que comme un piĂšge, elle propose de substituer une attention collective et des procĂ©dures rĂ©volutionnaires, â forcĂ©ment expĂ©rimentales â, qui permettent de destituer la justice en prĂ©servant le souci de lâautre.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
En 1966, Ă la question « Quâest-ce qui prend la place de la philosophie aujourdâhui ? », Heidegger rĂ©pondit : « La cybernĂ©tique. »
Aujourdâhui nous invitons Ivan Bouchardeau, docteur en philosophie et enseignant Ă lâUniversitĂ© de Toulouse, pour son livre Ătats dâesprit. CybernĂ©tique et techniques de gouvernement (Champ Vallon). Son travail aborde frontalement la question Ă laquelle Heidegger rĂ©pond Ă la volĂ©e. Il se confronte au difficile problĂšme de la dĂ©finition de la "cybernĂ©tique", cette science du contrĂŽle et de la communication, cette "utopie de lâinformation", ou encore, Ă©tymologiquement, cette science du gouvernement (kubernĂ©tĂšs, en grec : gouvernail).Dans son livre, Ivan Bouchardeau ne prend pas la cybernĂ©tique Ă la lettre, mais il la prend au sĂ©rieux, Ă la fois comme discours mythique dans les modalitĂ©s de la science moderne opposant le chaos de lâentropie Ă lâordre de lâinformation, et comme aboutissement de traditions plurisĂ©culaires : pour les uns (Heidegger), la cybernĂ©tique venait se substituer Ă la philosophie en rĂ©alisant le Logos grec ; pour dâautres (Musso), elle Ă©tait lâultime incarnation de lâesprit depuis que lâidĂ©ologie chrĂ©tienne dâun dieu fait chair se serait rĂ©pandu en occident. Pour dâautres encore, la cybernĂ©tique Ă©tait le dĂ©veloppement logique, nĂ©cessaire, et annoncĂ© par Marx de la division sociale du travail en division cognitive du travail, et de la rĂ©ification du capital en tant que technologie de la productivitĂ© mentale.
On y dĂ©couvre (ou re-dĂ©couvre) que la cybernĂ©tique ne fut pas quâune tentative de science ou de mythification et de relance de la modernitĂ© aprĂšs deux guerres mondiales, mais aussi un paradigme de gouvernement, une maniĂšre de faire tenir ensemble spontanĂ©itĂ© contrĂŽlĂ©e et planification douce, voire insensible. Ce paradigme fut mis en oeuvre tant par des socialistes, comme Allende au Chili avec le projet Cybersyn, que par les nĂ©o-libĂ©raux qui y virent une mĂ©thode pour rĂ©aliser la main invisible du marchĂ©. Un ouvrage trĂšs riche, dont lâun des aspects les plus original est peut-ĂȘtre la mise en Ă©vidence du renversement de Heidegger par des apĂŽtres de lâIA qui envisagĂšrent, il nây a pas si longtemps, des « IA heideggĂ©rienne » dotĂ©es de leur ĂȘtre-au-monde.Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Comment optimiser et maximiser lâexploitation ? Quel est cet art du capitalisme qui consiste Ă discipliner le travail et donc les travailleurs ? Câest ce que propose de dĂ©couvrir Anthony Galluzzo grĂące au Manuel de management dĂ©complexĂ© quâil vient de publier aux Ă©ditions Zones. 200 pages qui recensent les mille et une mĂ©thodes, techniques et tactiques mises en Ćuvre par le patronat global pour maintenir et perfectionner son emprise sur le monde ouvrier. Accessible Ă tous ceux qui auraient la flemme de faire une Ă©cole de commerce ou dâemployer des consultants, Galluzzo propose une enquĂȘte et une synthĂšse des meilleurs tuyaux.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
(Si vous ne comprenez pas l'anglais et que vous n'entendez pas les sous-titres, ils sont lisibles sur la version vidéo de cet entretien)
Depuis que le pouvoir existe, on a essayĂ© de le nommer. Lâenjeu est de taille. En effet, nous prĂ©supposons (Ă tort ou Ă raison) quâil nây a quâen comprenant adĂ©quatement ses logiques, ses mĂ©canismes et ses reprĂ©sentations quâil est possible de le combattre ou de lâesquiver. Nous hĂ©ritons de toute une palette de concepts et de mots plus ou moins ronflants et accessibles : sociĂ©tĂ© de classe (Marx), du spectacle (Debord), de contrĂŽle (Deleuze), on en passe et des moins bons. De fait, la sociĂ©tĂ© (ou ce quâil en reste) Ă©volue et la domination sâaffine et se perfectionne (ou se brutalise), il est donc impĂ©ratif de nommer aussi prĂ©cisĂ©ment ce par quoi nous sommes tenus ou Ă©crasĂ©s. Câest ce que tente de faire Ian Alan Paul avec son livre La sociĂ©tĂ© rĂ©ticulaire que nous avons traduit et publiĂ© en octobre dernier.
LâidĂ©e est simple mais se devait dâĂȘtre Ă©laborĂ©e : au pouvoir souverain de lâĂtat et Ă la discipline de lâĂ©conomie, au spectacle et Ă la biopolitique, sâest surajoutĂ©e ces derniĂšres annĂ©es une nouvelle couche : la forme rĂ©seau. Cette sociĂ©tĂ© rĂ©ticulaire se manifeste par un maillage toujours plus serrĂ© de la surveillance autant que par notre dĂ©doublement subjectif derriĂšre des filtres et posts instagram. LâIA rĂ©dige nos dĂ©clarations dâamour et optimise des bombardements meurtriers, lâaccumulation massive de donnĂ©es nous prĂ©vient dâune Ă©pidĂ©mie de grippe avant mĂȘme quâelle soit propagĂ©e et transforme toute la complexitĂ© de nos vies en pĂąte Ă modeler pour publicitĂ©s. Bref, la sociĂ©tĂ© rĂ©ticulaire, câest une maniĂšre de nommer la pointe avancĂ©e de lâorganisation du capital et du pouvoir aujourdâhui dans lâobjectif de la faire dĂ©railler.
Pour que tout cela ne reste pas trop abstrait, on est parti de la situation actuelle aux Etats-Unis et de la rĂ©sistance Ă ICE. Dâun cĂŽtĂ© des entreprises de la tech qui vendent leurs donnĂ©es au gouvernement pour traquer les migrants, de lâautre des patrouilles de quartier qui sâorganisent sur des messageries cryptĂ©es pour avertir les habitants de chaque opĂ©ration de police.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
La maternitĂ©, cette expĂ©rience singuliĂšre qui consiste à « faire naĂźtre », occupe une place gigantesque dans la vie des femmes (et mĂȘme aussi un peu des hommes). La maternitĂ©, en tant que lieu et institution qui accueille, sĂ©curise, rĂ©glemente et organise les naissances, a parallĂšlement toujours Ă©tĂ© lâobjet dâenjeux politiques et gouvernementaux. Pourtant et Ă©trangement, nous pensons trĂšs peu politiquement la maternitĂ©, que ce soit lâĂ©vĂšnement qui marque une vie en en mettant une autre au monde ou lâinstitution qui calibre pour toutes la maniĂšre dont cela doit se passer. Câest ce que propose de faire ClĂ©lia Gasquet-Blanchard dans Faire naĂźtre, ce que le capitalisme fait Ă la maternitĂ© qui vient de paraĂźtre aux Ă©ditions La Fabrique.
GĂ©ographe et maĂźtresse de confĂ©rences Ă lâĂcole des hautes Ă©tudes en santĂ© publique, câest Ă partir dâun travail de recherche que lâautrice analyse les consĂ©quences du capitalisme sur la gestion et le vĂ©cu des naissances ainsi que la maniĂšre dont les institutions gouvernent et administrent la vie, y compris Ă naĂźtre. Le livre sâattĂšle Ă ouvrir les questions, les tensions et les contradictions qui traversent la maternitĂ© telle quâelle sâorganise : comment la gestion du risque et de la sĂ©curitĂ© compose avec un Ă©vĂ©nement par essence incertain et imprĂ©visible ? Pourquoi le rapport Ă la douleur, lâadministration dâune pĂ©ridurale ou le recours Ă une cĂ©sarienne sont traversĂ©s par des problĂ©matiques qui excĂšdent lâexpĂ©rience singuliĂšre des femmes ? En quoi la rationalisation, la technicisation et lâoptimisation des naissances reconfigurent notre rapport au monde et Ă la mise au monde ? Comment les diffĂ©rentes formes de fĂ©minisme se sont rapportĂ©es Ă des enjeux aussi intimes, dĂ©cisifs et Ă©videmment politiques ?
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
En fĂ©vrier 2023, se tenait comme chaque annĂ©e Ă Budapest, le « jour de lâhonneur », soit lâun des plus grands rassemblements nĂ©o-nazis dâEurope. Selon la justice hongroise et Victor Orban lui-mĂȘme, câest dans ce contexte que quelques nostalgiques du 3e Reich auraient Ă©tĂ© houspillĂ©s par des antifascistes. Sâen est suivi une enquĂȘte judiciaire et la traque, Ă travers toute lâEurope de 17 militants anti-nazis, tout cela avec le concours des services de renseignement et mĂȘme de lâantiterrorisme de plusieurs Ă©tats membres, dont la France. Gino a Ă©tĂ© interpellĂ© par la Sous-direction Antiterroriste Ă Paris en novembre 2024 pour ĂȘtre extradĂ© vers la Hongrie. AprĂšs quatre mois et demi de dĂ©tention Ă Fresnes, les juges français ont finalement refusĂ© de lâextrader au vu du peu de garanties offertes par la Hongrie quant Ă lâindĂ©pendance de son systĂšme judiciaire et des conditions de dĂ©tention rĂ©servĂ©es aux opposants politiques. En dĂ©cembre 2025, câest un nouveau mandat dâarrĂȘt europĂ©en qui est Ă©mis contre le jeune antifasciste et qui reprend mot pour mot celui Ă©mis par la Hongrie deux ans plus tĂŽt sauf que cette fois, il Ă©mane de lâAllemagne.
A nouveau la Sous-direction Antiterroriste, Ă nouveau la garde Ă vue et Ă nouveau la prison sauf que cette fois les juges le remettent rapidement en libertĂ©, le temps que son pourvoi contre lâextradition soit examinĂ©.
Certains y verront un acharnement incomprĂ©hensible pour des faits a priori bĂ©nins (rudoyer des nazis), ce qui se joue est pourtant de la plus haute importance tant ils dĂ©montrent lâexistence Ă lâĂ©chelle europĂ©enne dâune rĂ©pression conjointe et assumĂ©e de lâantifascisme. Collaboration en termes de renseignements Ă©videmment mais aussi sur le plan judiciaire ; en Allemagne comme en Hongrie, câest la qualification dâorganisation criminelle (lâĂ©quivalent de lâassociation de malfaiteurs chez nous) qui autorise des moyens judiciaires ahurissants et des peines extrĂȘmement lourdes. Maja, une militante allemande, est incarcĂ©rĂ©e en Hongrie depuis plus dâun an, avant le dĂ©but de son procĂšs 14 annĂ©es de dĂ©tention lui ont Ă©tĂ© proposĂ©es en Ă©change dâun plaidĂ© coupable quâelle a refusĂ©. Un militant allemand a dĂ©jĂ Ă©copĂ© de 5 ans de prison dans son pays. Ils sont 17 au total sur qui pĂšsent la menace de nombreuses annĂ©es dâincarcĂ©ration. Quant Ă Gino, le mandat dâarrĂȘt hongrois le visant Ă©voque une peine de 22 annĂ©es. La premiĂšre audience concernant son second refus dâĂȘtre extradĂ© se tiendra mercredi 28 janvier Ă la cour dâappel de Paris sur lâĂle de la CitĂ©.Pour mieux comprendre « lâaffaire Budapest » et ses enjeux, voir nos articles :
Affaire Budapest : des néo-nazis, des juges, la SDAT et Viktor Orban
La nuit sera longue - Zerocalcare
Une bande dessinĂ©e pour comprendre lâaffaire « Budapest » et libĂ©rer Gino
La justice ne serait-elle plus quâun mot en Europe ?
Eric Vuillard sur lâaffaire « Gino »
Lettre de lâantifasciste Maja devant ses juges hongroisVous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Il y a un peu plus dâun an, nous avions invitĂ© le philosophe Michel Feher pour discuter de la fascisation en cours et de son excellent livres Producteurs et parasites - Lâimaginaire si dĂ©sirable du Rassemblement national, Ă revoir par ici. Nous avions alors Ă©voquĂ© la seconde Ă©lection de Donald Trump qui nâĂ©tait pas encore entrĂ© en fonction et de ce qui sâannonçait en terme de politique intĂ©rieure et fasciste. Michel Feher connaĂźt trĂšs bien les Ătats-Unis oĂč il vit en partie, il travaille par ailleurs actuellement sur la nouvelle configuration gĂ©opolitique mondiale. Il Ă©tait donc indispensable de lâinviter afin quâil nous Ă©claire sur sa comprĂ©hension de ce second mandat Trump, des enjeux derriĂšre la capture de Maduro et de ses retentissements sur la politique intĂ©rieure amĂ©ricaine. On a bien fait, il nous a tout trĂšs bien expliquĂ© ! Le sommaire ci-dessous pour se faire une idĂ©e de la trame de cet entretien.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
-
Au vu des évÚnements en cours en Iran, nous diffusons exceptionnellement un second lundisoir cette semaine.
Depuis trois semaines, lâIran connaĂźt le plus grand soulĂšvement populaire depuis lâinstauration de la RĂ©publique Islamique en 1979. Le 8 janvier, la foule a pris la rue dans toutes les villes du pays, des bĂątiments officiels ont Ă©tĂ© incendiĂ©s et des miliciens du rĂ©gime tuĂ©s. Depuis, le pouvoir a coupĂ© toutes les tĂ©lĂ©communications, les chiffres de la rĂ©pression varient : certains parlent de 3000 manifestants abattus, la chaĂźne CBS de 20 000, des images de sacs mortuaires entassĂ©s commencent Ă circuler. Lorsque nous avons invitĂ© Soma du collectif Roja, Chowra Makaremi autrice de Femme ! Vie ! LibertĂ© ! Ăchos dâun soulĂšvement rĂ©volutionnaire en Iran (La DĂ©couverte, 2023) et Parham Shahrjerdi, psychanaliste et contributeur rĂ©gulier de lundimatin, le courage et lâaudace des rues iraniennes imposaient lâeuphorie ou au moins lâenthousiasme. Quelques jours plus tard, câest lâincertitude et lâinquiĂ©tude qui dominent, dans lâattente de savoir ce que le mouvement est parvenu Ă dĂ©faire et jusquâoĂč le rĂ©gime est allĂ© pour sâaccrocher au pouvoir.
Dans cette discussion, nos invitĂ©s analysent ce soulĂšvement sans prĂ©cĂ©dent en lâinscrivant dans lâhistoire du rĂ©gime et de sa contestation mais aussi dans le moment historique et gĂ©opolitique actuel. Quelles sont les conditions objectives qui poussent Ă ne voir aucune autre option que la chute du rĂ©gime ? Que signifient les menaces dâingĂ©rence pour un mouvement fondamentalement populaire ? En quoi les bouffonneries de la gauche campiste française sont symĂ©triques et solidaires du soutien empoisonnĂ© de lâextrĂȘme droite mondiale ? Et quelles voies semblent praticables pour les iraniens encerclĂ©s par tant de vautours ?Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fĂȘter nos dix annĂ©es dâexistence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, Câest par ici.
- Laat meer zien